Réforme des retraites : le syndrome de Lazare

Le 17 juillet 2020, le nouveau gouvernement de Jean Castex a décidé de repousser à la fin de l’année la réforme des retraites.

La pandémie et les délais de vaccination conduisent à de nouveaux reports pour des raisons politiques qu’on peut résumer par : « ce n’est pas le moment ».

La communication sur le sujet a été pour le moins traumatisante pour tous, syndicats, gouvernants, et surtout le public. Volonté, puis combat, puis hésitation, puis circonstances etc… On a, depuis des décennies, l’impression que ce sujet vit sous cloche dans une sorte de culpabilité du survivant, avec des renaissances et des comas successifs.

Le régime universel, plutôt séduisant dans la formule et implacable dans sa logique, s’est transformé en une addition d’exceptions, de détricotages, d’avantages ou d’injustices par secteurs, avec une complexité mortelle, dans le fond et dans la communication.

Les « explications simples » de Monsieur Pietraszewski ont plongé l’intégralité des français dans un océan d’incertitudes et d’incompréhensions, pour ne pas dire de peurs, et même de suspicion. La technocratie finit toujours par perdre face au bon sens commun, et en France « on ne comprend pas » est le frère jumeau de « on va se faire avoir ».

La simplicité est une règle absolue en communication. Tout système complexe peut se diffuser et se faire entendre de façon à devenir opérationnel. A l’époque où personne ne savait ce qu’était un microprocesseur (le sait-on plus aujourd’hui ?) le plus grand fabricant au monde, Intel, décida de ne pas expliquer et de simplement dire qu’il était dans les ordinateurs. Le label « Intel Inside » est devenu une référence de performance et de durabilité des ordinateurs pour les marques et pour le public, sans détailler quoi que ce soit. Victoire du moins disant, et bénéfice clair pour l’utilisateur.

Sur la réforme, le bénéfice est le mot clé. Sans vision claire du bénéfice pour le public, cette réforme replongera dans sa tombe pour en ressortir éternellement.

La proposition qui doit être faite est simple, un bénéfice de revenus, ou bien de durabilité, ou de sécurité, ou d’activité choisie, ou tout à la fois mais il faut qu’il y ait un bénéfice perçu par les gens. Et non un sermon du type « si on ne le fait pas vos enfants en paieront le prix ! » qui est la litanie ambiante et mortifère.

Les français peuvent s’adapter, même en grognant un peu, à des futurs un peu moins faciles si le collectif est garanti (pas ou peu d’exceptions), mais surtout si on inscrit dans le marbre la durabilité et la certitude. La communication sur la retraite peut changer de ton, s’inscrire dans une forme de satisfaction du travail accompli récompensée par un rythme différent, mérité et créatif, avec une forme de respect des aînés, et non de leur dire du matin au soir qu’ils vont coûter un bras aux générations qui suivent.

La retraite comme étape de la vie active. Présentée ainsi, la notion d’activité perdure, et le lien social n’est pas dégradé. C’est essentiel pour éviter une division des générations et pour encourager à défendre un système, quel qu’il soit. Ne pas dire : « c’est bon pour vous » typiquement paternaliste et suspect. Par ailleurs, relier par tous les moyens possibles -associatifs, sociaux, entrepreneuriaux- ceux qui prennent leur retraite, pourrait bien être une source de richesse, et pourquoi pas de financement. En bref, la vision positive de la société reste toujours un bon moyen de se faire comprendre.

Type d’item stratégique : Changer « Réforme de la retraite » en « Transformation de la Retraite ».

Ceci doit servir à argumenter sur un avenir meilleur au lieu de lister les contraintes futures. Il n’y a pas de réponse parfaite, mais transformer une activité a plus de sens que d’arrêter de vivre, ce qui est l’image perçue de la retraite telle qu’elle est proposée dans la réforme.

Type visuel : remplacer les hamacs et transats par des images symboliques d’activités (conférences, culture, numérique etc… qui rappellent un univers actif économiquement)

A l’instar d’Intel-Inside, ne pas expliquer, montrer et signer.

Labelliser.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :