Créer le Futur

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/

La vision d’un futur en politique ne peut pas se résumer à des dates de fin de pandémie, ou autres dates de changement de régime de retraites, ou encore de délais non identifiés de début de remboursement de la dette par les générations suivantes. Cette notion de futur « daté » est particulièrement sensible ces temps-ci, mais il reflète surtout une tendance forte en politique : l’abandon d’une vision de société. Les gouvernants gouvernent à la petite semaine, les opposants s’opposent sur les événements du moment, et la perception générale finit par transformer le mot « futur » en quelque chose d’équivalent aux prévisions météorologiques à 10 jours.

Les politiques, et en particulier les gouvernements, sont souvent critiqués pour leur manque de vision sociétale, et la France ne fait pas exception. L’une des raisons est simplement que les préoccupations de la population se portent sur des sujets de plus long terme que les « mesures gouvernementales » : en tête des priorités exprimées en France viennent la grande pauvreté et l’exclusion (20,4%), le dérèglement climatique (17,2%), puis le terrorisme (15,2%). Ce podium de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sécurité Nucléaire) regroupe 3 sujets de long terme et si on ajoute, à mi-chemin de l’écologie et de l’exclusion, les risques sanitaires futurs (études non encore éditées), il est fort à craindre que ce sujet rejoigne les 3 premiers. Dans des références correspondant aux décisions de court et moyen terme de l’Etat, on retrouve en milieu de tableau le chômage et l’insécurité en 4e et 5e position, et en fin de tableau, le risque nucléaire à 4,1%.

Les gouvernants successifs, que ce soit N. Sarkozy, F. Hollande ou E. Macron ont fait face comme tout gouvernement doit le faire, aux défis du moment, avec des succès variables, mais aucun n’a pris le chemin du réalisme optimiste d’une vision sur 10, 20 ou 30 ans. Les français interrogés, au-delà des craintes exprimées plus haut, placent un espoir immense dans le progrès technologique. Mais la difficulté est de faire la part des choses entre le progrès de la communication numérique, qui n’a besoin d’aucun gouvernement pour se développer grâce à la pratique quotidienne, et la réelle avance technologique. Aujourd’hui, les discours de « transformation » de l’Etat se concentrent sur des phénomènes qui sont des adaptations au monde actuel et non des projections futures. Transformer le traitement fiscal, et plus largement l’administration, par la numérisation est la moindre des choses, et c’est ce que font les entreprises sans avoir attendu LREM et les « grands projets ». Le progrès et le futur ne sont pas du tout dans ces déclarations politiques de modernisation des systèmes d’échange, même si ces déclarations sont parfois basées sur des faits. Le monde politique dans son ensemble, et plus précisément le gouvernement, devrait s’inspirer dans sa communication des réels objectifs portés par les entreprises de pointe, et la surprise est de taille…

L’Intelligence Artificielle n’est pas non plus une nouveauté pour l’Etat, puisque les systèmes d’armement, pour parler de choses très concrètes, sont orientés vers l’automatisation des déclenchements, jusqu’à une forme de prise de décision, dans un choix possible. Mais ce terrain n’est ni social, ni environnemental, ni même économique si on oublie le marché de l’armement. Le terrain réellement préempté sur le long terme est celui des technologies qui nous concernent tous, et dont l’objectif principal est non seulement d’automatiser des systèmes de production pour gain de vitesse (cas classique de l’industrie depuis la robotique) , mais aussi de générer de la conception orientée vers la qualité. La surprise est en fait là, exactement.

La libération des temps humains pour laisser place à des temps machine n’est plus d’économiser du personnel au profit d’une chaîne de montage (siècle industriel), mais d’investir le domaine de la conception associé à celui de la qualité pour produire des éléments plus adaptés, évolutifs et surtout durables. Ce mode de pensée industriel n’est pas encore répandu mais il est celui de la nouvelle génération d’ingénieurs, conscients de l’immensité des besoins en recyclage et en assistance sociale, ainsi que de la réduction des richesses primaires de l’ensemble du monde.

Les responsables de l’Etat, le président en tête, pourraient laisser de côté la communication gadgétisée des réseaux sociaux et médias, au même titre que leur ego-notoriété, pour apporter des réflexions politiques à long terme et non seulement des solutions à court terme. Le monde du privé (et là les startup méritent d’être entendues) est dans le thème de cette réflexion. Il ne s’agit plus de l’écologie « militante » de Y. Jadot, du revenu universel de B. Hamon, ou de la fin du patronat de J.L. Mélenchon, encore moins de de la fermeture aux autres du RN. Mais LREM, Les Républicains, le MoDEM ou le Parti Socialiste n’ont pas non plus apporté de début de réponse sur « l’utilisation par tous de l’économie du temps par l’augmentation de la qualité ». C’est pourtant le monde de demain, qui favorisera les apports humains terrestres (artisanat, culture, produits biocompatibles, local) et la qualité apportée par les technologies avancées ultimes en communication, loisirs, temps libre, santé, associatif, confort et développement durable.

Le monde politique aura donc une nouvelle donnée sociale à gérer dans les projections futures, et il est fort possible que les oppositions classiques gauche-droite retrouvent des couleurs dans les nouveaux paradigmes proposés. L’avancée technologique en matière d’Intelligence Artificielle est déjà configurée pour le monde du travail dans un schéma « Homme-machine ». DELL Technologies définit cela comme la « collaboration entre les hommes et les machines/robots pour dépasser les limites imposées par la nature humaine. »

https://www.delltechnologies.com/fr-fr/perspectives/future-of-work.htm

C’est une vision de production et de rentabilité, typique d’une entreprise favorisant, par nature, un apport de richesse. Face à cela, un « Etat Social » peut opposer l’idée que la société profite « humainement » du temps gagné pour une utilisation de développement personnel de ce temps, et donc une réduction du temps de travail. Mais ce ne sera plus l’expression « temps de travail » qui sera utilisée mais « temps de disponibilité » à l’employeur. Un Etat « de droite » priorisera la performance pour une redistribution de la richesse ultérieure. Un « Gauche-Droite » parfait, dicté par le progrès. Le futur peut réserver quelques surprises à l’ancienne !

On pourrait se contenter de penser que, finalement, la communication de l’Etat est discrète mais qu’en fait ils y travaillent. La réalité est que la priorité individuelle des hommes d’Etat est leur principal défaut. Nulle remise en cause de leur sincérité, mais forte remise en cause de leur capacité à se projeter sur un ailleurs temporel où ils ne seront pas.

Pourtant, en tant que femme ou homme d’Etat, au lieu de se demander de quoi le futur sera fait, il y aurait une forme de noblesse presque héroïque à dire qu’on le concevra.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles de janvier et février 2021 sur : https://adcasecom.agency/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :