Parité Femmes/Hommes en Politique ?

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

L’ expression « parité hommes-femmes », quel que soit l’univers concerné, est déjà en soi un symbole d’inégalité. Il suggère une dimension quantitative uniquement, un projet « forcé » de représentation d’une minorité. C’est à la fois humiliant pour les femmes, inefficace pour tout le monde, et frustrant pour la plupart. Ce point étant posé, il peut être intéressant de voir comment cette inégalité fondamentale est combattue par l’Etat, par les oppositions, et par les structures administratives ou militantes qui en dépendent. Et par voie de conséquence, quelle communication en est faite par les politiques, basée sur quelles preuves ou tout au moins sur quels échanges réels ?

Quand on se penche sur la culture de communication publicitaire, le moins qu’on puisse dire c’est que cette catégorie a creusé sans vergogne cette inégalité pendant des décennies, aidée en cela par la promotion de produits de base lessiviels ou de grande distribution. Il y a eut des progrès, mais ce n’est pas venu tout seul. Pourquoi faire le lien entre ces deux mondes ? Tout simplement parce qu’ils sont identiques culturellement. L’un, politique, et attribuant historiquement le pouvoir aux hommes, et l’autre commercial et attribuant les corvées aux femmes. Le premier a plus de lustre, mais les conséquences sont identiques. La vraie question n’est donc pas la quantité de femmes présentes, avec des pourcentages brandis fièrement, mais quels sont les postes de dirigeantes ou de hautes responsabilités auxquels elles sont rattachées. La quantité est un indice, le partage des pouvoirs est le résultat, et la communication une vitrine sincère, dans un monde idéal.

Ci-dessous un exemple de publicités des années 50, suivi d’une interpellation récente à l’Assemblée Nationale d’un des plus jeunes députés de l’hémicycle à l’égard d’une collègue. En plus de 70 ans, il y a eu des progrès, mais les vieux démons ressurgissent parfois :

Pour avancer, il fallait bien un starter, aussi les lois sur la parité de 2000, 2007 et 2013 ont permis d’équilibrer au moins les conseils municipaux des villes de plus de 1000 habitants (F 42%), ainsi que les conseils régionaux (48%) et départementaux (50%). Les élections européennes ont pratiquement fait un « strike » aussi avec un 50/50 presque parfait : 39 femmes et 40 hommes. Mais, comme expliqué plus haut, ces quelques chiffres masquent une réalité encore discutable, sans militantisme, dans les rôles attribués aux femmes en politique.

Dans la réalité, et dans la communication qui en est faite, certaines femmes sont sorties du lot par des mandats, la génétique, ou la simple volonté de faire. Marine Le Pen est l’une des leaders politiques la plus durable et incontestée, à la tête d’un parti désormais premier opposant politique d’Emmanuel Macron. Une forme de népotisme en est l’origine, mais la dame tient bon la barre. Ségolène Royale, bien qu’aujourd’hui en vitesse différente, a tout de même challengé jusqu’à un second tour Nicolas Sarkozy lors des présidentielles 2007. Quand on sait la violence presque physique d’une campagne présidentielle pour un(e) challenger, on peut lui accorder le crédit de la valeur et du courage cette année-là, autant qu’à un homme, sinon plus. Il y a également Anne Hidalgo, réélue maire de Paris, sous une étiquette PS qu’on ne peut pas qualifier aujourd’hui de lobby certain pour des élections. Elle a remporté cette campagne au nez et à la barbe du plus grand mouvement de France (LREM), son représentant premier étant disqualifié pour des raisons typiquement masculines (B. Grivaux), et la seconde envoyée au front par E. Macron sans arme ni munition ( A. Buzyn). On ne peut citer toutes les femmes excellentes en politique, dans l’actualité, dans un passé récent ou ancien. Mais leur existence et leur mandat, pour la plupart d’entre elles, s’est gagné au mérite, dans un monde d’hommes. L’exception en reste la caractéristique principale. Il n’est pas question ici de rabaissement, de harcèlement, ou de perversions agressives de la part des hommes, mais de la simple difficulté banale pour les femmes à exister dans la décision politique, sauf héroïsme. Le reste doit aussi être combattu, mais ce n’est pas le sujet de l’article. Au cas où des doutes subsistent, voici les dirigeant(es) qui ont le mieux géré la première vague de Covid 19 dans le monde :

Où sont les hommes ?

Le sujet est la réelle égalité, quotidienne, qui induit le respect et la fraternité, pour favoriser la liberté d’agir, de penser, de décider. Si la République ne comprend toujours pas cette phrase, il faut revoir la « base line » de Marianne.

Liberté, Egalité, Fraternité

Elysée : faites ce que je dis pas ce que je fais. On se souvient du fameux diner à l’Elysée ayant occasionné potentiellement une transmission du virus Covid 19 au président, en pleine interdiction de se réunir à plus de 6. Une faute repérée évidemment par les médias. La faute supplémentaire était bien qu’il n’y avait aucune femme présente à ce diner, ressemblant ainsi aux vieilles heures des clubs réservés aux hommes, où les règles usuelles sont oubliées, en particulier celles qu’on a ordonnées au peuple. C’était un moment de décisions « entre hommes », c’est à dire entre « gens sérieux ». La caricature est énorme, et il ne manquait que les cigares, pour rester correct. La comparaison avec les images de la publicité à l’ancienne est tenace, finalement. Quand à l’image transmise, il est difficile de faire pire. Et bien si, il y a pire. Marlène Schiappa qui, volontairement ou non, envahit la toile avec son lissage de cheveux vient encourager « le monde des hommes sérieux », et la référence à la publicité devient presque gênante. On pourrait lister à l’infini les exemples de contre performances sur le sujet, en provenance d’ailleurs d’hommes ou de femmes, et l’analyse paraitrait anecdotique. La communication du monde politique est souvent faite de petites histoires qui enterrent les grandes.

L’Elysée en 2018, en tant qu’entreprise et organisation des équipes, a cantonné la parité aux tâches administratives, avec une absence des femmes sur les sujets stratégiques (Economie, Etat Major, Cabinet présidentiel). L’Etat, dernier de la classe, demande aux entreprises de respecter la parité sous peine de sanctions. Si on se pose la question de la confiance dans la décision politique en France, voilà une anecdote supplémentaire qui vient miner le progrès. https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/video-parite-hommes-femmes-a-l-elysee-faites-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais_2647002.html

L’Education Nationale vient redorer un peu ce blason : http://www.jamaissanselles.fr/2020/12/08/education-nationale/

Alors d’où pourrait venir le réel progrès avec un partage équitable et indiscutable dans la représentation et la décision ? Certainement pas des décideurs masculins déjà en place, même s’il ne s’agit pas ici de jeter une accusation sur un genre car beaucoup d’hommes d’Etat sont de fervents supporters de la parité décisionnelle. Les hommes en fonction sont juste trop nombreux. Alors l’équilibre viendra sans doute de la population elle-même. Nous en avons un exemple criant, et positif, qui nous vient des dernières élections législatives avec un réel progrès de la représentation féminine à l’Assemblée Nationale :

Peu de gens votent pour une femme parce que c’est une femme, en dehors de militants chevronnés. On peu donc considérer le progrès de la représentation législative comme une vraie récompense des mérites intrinsèques des candidates, sans question de genre, car finalement, poser la question du genre c’est déjà creuser la différence. La communication des partis et de l’Etat est au cœur de ce sujet, pour qu’il disparaisse, définitivement.

La parité, c’est oublier le genre. Et les électeurs sont en avance sur les décideurs politiques.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles de janvier et février 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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