Planète : Cuisine et Dépendances

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Les questions du moment sont centrées sur ce qu’a bien pu faire l’Etat pour la sauvegarde de la planète, au lieu de se demander combien de pays s’accordent sur quelque chose. L’amère réalité est que la France est minuscule, même si ce n’est pas une raison pour ne rien faire. Pour une fois, on n’avance pas plus vite seul, mais à plusieurs. Les intentions sont souvent nombreuses et positives, et se heurtent à l’indigence de la mise en œuvre, cet éternel problème qu’a le politique à délivrer 100% de ses promesses . Dont celles-ci :

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/mauvaise-note-pour-l-ex%C3%A9cutif-%C3%A0-la-convention-pour-le-climat/ar-BB1e5KH7?ocid=msedgdhp

Si on fait fonctionner le microscope sur la France uniquement, il y a déjà dans notre civilisation, entre bazar et règlements, une quantité incroyable de positions différentes, emmenées souvent par des postures politiques de l’opposition, et des contre-attaques tout aussi politiques en provenance de l’Etat. Cela indique une chose, dans la perception qu’on peut avoir de la stratégie de protection de la planète : « Ecologie » est assimilée à « discussions sans fin ni moyens », et certainement pas une voie solide de restructuration d’un climat, à terme mortel si rien est fait. Et là, il n’y aura pas de vaccin. C’est injuste, comme l’est souvent l’opinion, mais c’est un fait : un engagement politique sur le climat n’engage à rien. D’ailleurs, l’image transmise par la Convention Citoyenne pour le Climat (pourtant sincèrement travaillée par les 150 participants) est une suite d’effilochages des propositions par l’exécutif malgré l’engagement du chef de l’Etat d’en respecter la lettre. Peu importe que les raisons de ce rabotage soient justes ou non, ce qu’il en reste est l’idée d’un désengagement.

https://www.ouest-france.fr/environnement/climat/les-5-mesures-qui-expliquent-la-rupture-entre-macron-et-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-7084476

Il n’y a pas de problème réel de motivation des personnes sur le sujet climatique mais une cohorte d’intérêts contradictoires qui viennent freiner, voire stopper les efforts, parfois même du pouvoir. Le problème du frein, c’est que même un simple ralentissement de l’exécution des idées nous rapproche encore plus vite de l’ Armageddon. Ce n’est pas une question « d’industrie », les entreprises ayant réellement enclenché la transformation écologique, à l’instar de l’automobile qui investit sur l’électrique, l’hydrogène, sans savoir plus que le commun des mortels, quelle sera la meilleure approche. Ils font quand même, contre vents et marées. Les freins sont ailleurs, politiques essentiellement, résultats de calculs de court terme.

En communication « privée », les meilleurs acteurs de ce marché de la survie (associations) sont aussi les meilleurs communicants. Ils ne s’expriment plus en se demandant s’il y a un effet anxiogène ou non, façon Covid 19 et confinement, mais vont bien au-delà de ce stade en nous montrant simplement la mort. Ce n’est pas chic, ce n’est pas confortable, ce n’est pas psychologiquement facile, mais leur voie est la meilleure communication qui soit pour nous alerter, tous, et chacun :

Aucun sujet politique n’a autant besoin d’une communication claire que celui-ci. Mais c’est l’inverse qui se produit. Les ministres de la transition écologique, hypocritement affichés n°3 du gouvernement, n’en finissent pas de souffrir. Nicolas Hulot, déserteur, puis Barbara Pompili, aujourd’hui contestée, alors que nous avons des ministères (type agriculture, économie et relance, transport) qui sont censés, compte tenu de ce « n°3 », se plier aux exigences, même difficiles, de leurs recommandations. https://www.lexpress.fr/actualite/politique/secouee-par-une-partie-de-la-macronie-barbara-pompili-replonge-en-eaux-troubles_2145584.html . Mais ce sujet, hors court terme, passera encore aujourd’hui après les intérêts que l’Etat essaie de ménager pour un équilibre à l’ancienne économie-social-élections. On peut comprendre. Mais la pandémie actuelle, bien que sérieuse, reste une mini anecdote face au risque climatique. L’explication reste que les espace-temps des deux phénomènes sont si différents qu’ils suggèrent une priorisation de l’agenda et non une hiérarchisation du risque. Chaque jour apporte pourtant son lot de catastrophes préventives : https://www.huffingtonpost.fr/entry/antarctique-un-iceberg-grand-comme-lagglomeration-parisienne-menace-une-station-de-recherche-britannique_fr_60395e87c5b6d7794adeed9a

Les oppositions politiques ne sont pas en reste pour transformer la pyramide climatique en deux pièces cuisine. EELV évoque la convention citoyenne en expliquant qu’il était « ../..temps de changer le système et non le climat, et prioriser la protection des biens communs../..(LCI, dec 2020)« . Y a t’il quelqu’un pour expliquer qu’on n’en est plus à s’inquiéter de la protection des biens, mais de la sauvegarde de la vie ? Pour Les républicains, par la voix de G.Pelletier, : « ../.. Par référendum, les urgences sont ailleurs : la laïcité face à l’islam politique et notre souveraineté sur l’immigration../.. (LCI dec 2020 ). Alors puisque les urgences sont ailleurs, occupons-nous des urgences qui sont ailleurs. Mais d’urgence en urgence, les mois et les années vont vite nous placer en face de ce que nous avons trop souvent vécu en France, et ailleurs : un problème sans remède. Et là encore, ce ne sont pas les labos ou la science qui viendront casser cette vague. Le Parti Socialiste, lui, a une approche assez sereine du sujet en plaçant la maitrise technologique en tête de la solution carbone, suivie d’une subordination de l’économie aux enjeux climatiques, avec un schéma de mise en œuvre garantissant la justice sociale et l’équilibre démocratique. C’est le meilleur gentil schéma. Ils oublient juste un détail important, à ce stade, c’est leur score politique. Quand on n’a aucun poids politique, on peut dire des choses intelligentes, cela ne mange pas de pain, et ça ne fâche personne. Voilà leur problème dans la compréhension même de l’urgence climatique. Sa prise en main sérieuse fâchera plus des deux tiers des entreprises, 100% des syndicats, et l’intégralité de la classe moyenne, voire même les plus riches également. Cela ne peut pas être un acte consensuel, et on touche là aux limites de la démocratie que tout un chacun défend encore majoritairement en France. L’ Accord de Paris était un élan à saluer, et le retour des Etats-Unis dans cet accord est une bonne nouvelle. Mais le consensuel domine encore, et la communication faite sur le sujet est obscure pour les citoyens.

C’est à cause de ce casse-tête local, qui oppose démocratie et décisions réelles à prendre, que le sujet ne peut avancer qu’en petit groupe, Europe, Etats-Unis, Chine, Inde. Des mesures planétaires passent toujours mieux que des décisions unilatérales de chefs d’Etat. Avec en bonus, l’efficacité par le volume.

Il reste donc à organiser le plus improbable et le plus nécessaire des diners à 4.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles de janvier et février 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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