France : Que disent les autres ?

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Confinement : Quand on voit qu’une simple carte d’identité avec adresse pourrait suffire à justifier un déplacement de moins de 10 kms et qu’on nous parle d’attestation, c’est-à-dire d’un document administratif de plus, on sait qu’on est en France (Entre l’écriture de l’article et sa diffusion, l’Etat a décidé qu’un justificatif de domicile suffisait. Il faut donc 48h pour soigner les thromboses administratives).

De même, les lenteurs de mise en place de la vaccination, sans faire appel à des professionnels (structures privées, armée, distributeurs..), en s’appuyant sur une administration de contrôle et non de mise en œuvre, nous rappellent qu’on est en France (Depuis l’écriture de l’article, on apprend que les pompiers et d’autres structures sérieuses participeront à la vaccination de masse. Il faut donc 3 mois pour soigner les thromboses décisionnelles). Cela n’empêche pas d’aimer la France, mais on se demande si les gens responsables des structures de l’Etat ont des yeux, des oreilles et une vie quotidienne. La protestation, parfois un peu endémique ou culturelle chez nous, trouve quand même beaucoup de carburant dans les effrayantes impasses qui nous sont régulièrement proposées. Les solutions pourraient venir du bon sens commun, valeur sûre de l’efficacité en toutes circonstances.

La communication extérieure à nos frontières, les médias, le bouche à oreille, les « bruits », reflètent-ils ces déficits d’image ou sont-ils ancrés à l’aveugle sur « l’Histoire de France » avec un prestige inattaquable ? Que pense-t-on de nous en réalité ? de nos dirigeants, des partis ? Et que communique notre Etat à l’étranger ? Voici un petit tour d’horizon journalistique récent :

Absurdistan / Die Zeit-Allemagne : Cet article d’un journal allemand, pourtant daté du mois de novembre 2020, est assez représentatif de ce qui est écrit dans notre introduction. Mise en exergue de motifs écrits pour aller chercher un enfant à l’école, ou concentration personnelle et sans partage du pouvoir, cet article a dépassé ses lecteurs habituels pour nous renvoyer une image négative au travers d’un mot digne d’un album de Tintin. « Absurdistan » : un journal allemand tacle la France dans sa gestion du Covid-19 – Le Point

Astra Zeneca / The Spectator-UK (19 mars) : Astra Zeneca réservé aux plus de 55 ans ? La France est schizophrène ! Voilà qui complète l’autre versant absurde de la gestion vaccinale : calcul perdant d’une semaine d’arrêt de la vaccination pour prévenir un risque potentiel avec augmentation certaine des décès dus au virus. Il s’ensuit une recommandation aux allures inquiétantes sur l’âge minimum proposé. La schizophrénie moqueuse évoquée par nos voisins anglais, rarement charitables avec la France, trouve malheureusement un prétexte, avouons le, en or.

Astra Zeneka stoppé / Frankfurter Allgemeine Zeitung (15 mars) : “Le président français se retrouve depuis mardi sous le feu croisé des critiques parce qu’il aurait suivi aveuglément le cap préconisé par le ministre de la Santé allemand, Jens Spahn, au sujet des vaccins”. Le fait est qu’en terme d’image, et sans faire de souverainisme de mauvais goût, la France s’est comportée en suiveuse, sans réflexion ni imagination. Pour un pays féru de liberté, cet épisode de confraternité aveugle a gommé tout espoir de courage politique face aux voisins puissants. Les éditorialistes allemands s’en donnent à cœur joie.

Nicolas Sarkozy condamné (toujours présumé innocent) / Le Soir-Bruxelles (2 mars) : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir »../..« ce lundi, une présidente de tribunal a fait mentir cet adage ». Le journal belge n’y va pas de main morte avec ce plébiscite du jugement du tribunal. Mais cela met en lumière les doutes profonds qui existent sur la collusion possible ou probable entre le pouvoir et l’impunité, vieux thème complotiste malheureusement parfois soupçonné par le passé. En terme d’image, le procès suivi d’une condamnation d’un ancien chef d’Etat français n’apporte aucune eau au moulin de la bonne image. On va plutôt vers la sécheresse de ce côté-là.

Nicolas Sarkozy (id.)/ New-York Times 1er mars : « Jusqu’à ce lundi, seul un président français avait été condamné, Jacques Chirac. Mais Nicolas Sarkozy est le premier ex-président à assister en personne à son procès depuis 1945 et le premier à être condamné pour corruption ». Presque laconique, factuel et à l’américaine, on se demande si « être le premier », quelle que soit la cause, n’est pas finalement une performance. On hésite entre neutralité de l’information et événement sportif.

E. Macron / Bloomberg USA (mars) : « Le président Macron rechigne à imposer un troisième confinement national qui serait dévastateur pour l’économie et politiquement très coûteux à seulement quatorze mois de l’élection présidentielle.” Ce média fait clairement le lien entre des mesures à contraintes volontairement limitées et un processus de campagne électorale. De là à parler de clientélisme, il n’y a qu’un pas. Un pas que le monde des médias français n’a pas manqué de franchir. L’image d’une France bousculée entre les vrais sujets et les calculs possibles des dirigeants politiques n’améliore pas notre image. Reconnaissons que ce problème est largement partagé par la majorité des Etats démocratiques dans les phases pré-électorales.

E. Macron / Die Welt- Allemagne (mars) : A propos du « confinement-freinage » : Macron a “raté le bon moment” . C’est un jugement qui ne trouvera de condamnation que dans le futur, nul n’étant un bon prophète pandémique, à l’évidence, depuis un an.

150 ans de « La Commune » / The Guardian – Londres (18 mars) : « Nous parlons d’un grand groupe de citoyens qui se sont rassemblés pour prendre leur destinée en main. Il y avait quelque chose de moderne dans ce que défendait la Commune, et ses aspirations étaient proches de ce que certains veulent aujourd’hui« . Les références aux protestations, gilets jaunes, minorités dans la rue, pauvreté, sont multiples et l’aspect historique de la « protestation à la française » reste dans les mémoires internationales. Ce n’est pas une bonne image de la France, mais une bonne image des français.

Les communications venues d’ailleurs, pour des causes ou des pays, utilisent les ressorts publicitaires de la création pour faire passer des messages. Parfois, ils sont terrifiants, comme cette campagne australienne anti-immigration, à côté de laquelle une campagne antiraciste anglaise utilise aussi le « froid dans le dos » comme levier. Deux visions opposées, même choc.

Image seule : parfois une simple image porte un sens lourd de conséquences et deux mots suffisent pour la définir :

Enfin, dans le registre des communications maitrisées, les causes ou les grands événements sont l’occasion de rassembler les personnes, de toutes origines, pour faire avancer un sujet ou un thème transnational : (Les J.O. , manque d’eau, protection de la mer).

Les petites images enterrent les grandes : ce phénomène n’est pas nouveau car le style journalistique est contraint par la succession d’évènements. En politique, ces événements sont souvent faibles en image et forts en sensation dans les médias. L’opposition entre ce style inévitable mais néfaste pour l’image d’un pays et les expressions créatives de causes internationales ou de projets d’avenir, montre simplement que la communication d’un Etat pourrait s’appuyer sur ces techniques, et, avec sincérité, parler au monde différemment. Les français, comme les allemands, les italiens et tous les autres, ont besoin de grandeur, de vision, de futur à long terme. Une image forte de projets forts est un moyen de parler au-delà de nos frontières et d’insuffler un positivisme national, sans nationalisme.

Il ne s’agit pas de « parler d’autre chose » ou de « se changer les idées » mais de donner du sens.

Trop de petit, pas assez de grand.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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