Institutions politiques : « Fake Management »

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Il est assez rare que des décisions politiques nationales, locales ou multinationales, soient contestées dans leur légitimité. Elles peuvent l’être par une opinion, une protestation ou un débat, mais la plupart du temps c’est l’absence de réalité exécutive qui est pointée du doigt. Ce n’est pas seulement vrai au niveau national, dans la mise en œuvre de réformes, mais c’est également le cas de la Commission Européenne (presque célèbre pour sa lenteur), de l’OTAN, de l’ONU, et de beaucoup d’autres organisations. Le principe même d’une assemblée quelle qu’elle soit, ne serait-ce qu’un bureau dirigeant une association, est de partager des projets, de les décider, puis de les exécuter après un vote. La démocratie fonctionne de la même manière et le délai entre ces trois étapes n’a pas nécessairement besoin d’éternité, et encore moins de mensonges ou de « com » sans réalité.

Dans le privé, la fonction exécutive, souvent très proche de la fonction dirigeante, a depuis longtemps donné un nom à ce métier : le Management. C’est un mot anglo-saxon très laid qui s’applique à une palette de métiers allant du Vendeur au Directeur Général d’une marque du CAC40. Le point commun entre tous ces hommes et femmes du privé, c’est qu’ils (elles) sont impliqué(e)s non seulement dans la décision, mais aussi dans l’exécution et donc dans le résultat. Ces résultats sont chiffrés et permettent d’objectiver la qualité du travail, en tenant compte de circonstances favorables ou de vents contraires. C’est simple, un peu rugueux, mais finalement efficace.

Prenons un exemple qui parle à tous : la gestion Covid19 . Tout le monde, avec un peu d’honnêteté, peut reconnaître que les décisions n’ont pas été simples à identifier, et même à prendre et que ce rôle aurait bien été cédé à d’autres avec plaisir sur ce seul sujet des plus pénibles. Mais pourquoi les gens protestent-ils ou font-ils naître des polémiques dans les médias ? Presque toujours pour les mêmes raisons. On va dire qu’on aurait pu faire ceci ou cela, mais surtout on va s’acharner, souvent à juste titre, sur l’absence de réalité et de vitesse d’exécution de la décision. Les masques, les tests, les vaccins …, c’est la lenteur qui exaspère et qui coûte des vies et des sommes d’argent colossales. Vaccination contre le Covid-19 : les ratés et lenteurs de l’UE éclipsent ses succès (lemonde.fr) Tout cela pour finir par des restrictions qui deviennent des pansements sur une jambe de bois. La lenteur, qui ne vient pas du temps de réflexion mais de l’inefficacité du management, est ce qui peut tuer une entreprise. Si la France était une entreprise, elle serait en liquidation.

Chacun des dirigeants peut être critiqué, comme le veut la tradition, mais ce n’est pas vraiment les rôles qui sont mis en cause, c’est l’absence de conscience qu’ont ces personnes de la faiblesse des chaînes de transmission qu’ils choisissent pour exécuter. Et ce n’est pas parce que ces chaînes ne marchent pas, c’est juste qu’ on n’utilise pas les bonnes. Ajoutons à cela qu’un bon « manager » est celui qui reconnaît ses erreurs, pour les éviter à l’avenir et surtout apparaître comme conscient des enjeux de l’entreprise, et nous avons l’exact portrait inverse de nos dirigeants. Revenons en au Covid19 : on en appelle aujourd’hui à des moyens massifs de vaccination. La seule raison est qu’avant nous n’avions pas les vaccins et qu’anticiper ce barnum vaccinal aurait été une contre performance. Alors pourquoi ne pas le dire ? Pourquoi ne pas expliquer la vérité ? Et surtout pourquoi n’avons-nous pas les vaccins ? Toutes ces questions sont des questions d’exécution.

Pour Gérard Larcher, il faut dire «la vérité sur l’état de la France» (lefigaro.fr)

La prévision : Dans le privé, les prévisions (souvent de chiffre d’affaire ou de ventes) sont des étapes suivies et réglées par mois, trimestres ou semestres. C’est l’occasion de pointer ce qui est fort, faible, à changer, à supprimer ou à ajouter, pour que l’entreprise garde ses couleurs et progresse. Dans la période actuelle, le mot survivre est plus approprié, mais les règles sont les mêmes. Aujourd’hui nous constatons que l’Etat lance des prévisions, sans cesse contredites par le réel, soit avec des dates, soit avec des chiffres, mais sans la moindre conscience du risque d’impact psychologique sur la population, toujours déçue et de plus en plus indifférente. Quand on voit le réel et l’annoncé, on a des sueurs froides (la formule : « si les dates de livraison sont respectées… » ne change rien à la communication).

« Fake Management » : E. Macron dirige. On a tous bien compris que la « concertation » consiste à informer un public restreint de décisions déjà prises. J.Castex et O. Véran pourraient donc être les « managers » de la crise actuelle. Mais non, à l’évidence, ils n’ont pas non plus la conscience claire des moyens à mettre en œuvre et de leur efficacité. Ils décident ce qu’a déjà décidé E. Macron, mais après, mystère. Il reste M. Vaccin (tout le monde a oublié son nom car on ne l’appelle que comme ça, ce doit être son nom…) qui n’a, lui non plus, pas les manettes nécessaires à l’exécution d’un plan. Résultats, les préfets, les maires, les présidents de région sont furieux car aucune instruction « managériale » ne vient pousser leur travail avec des autorisations, des moyens et des contrôles. Covid-19 : erreurs de communication, polémiques… Le gouvernement empêtré dans le reconfinement (lemonde.fr)

Cette crise a mis en lumière un autre « hors sol » de l’Etat vis-à-vis des potentielles fonctions managériales, le premier étant plus personnel et lié à l’inconscience de la vie normale des gens. Macron veut renouer le fil avec les maires et ne plus être vu comme un président « hors sol » (lemonde.fr) Il est clair que la politique est un métier, et que la communication ne fait pas exister les choses simplement parce qu’on les énumère quotidiennement. Cette fonction devrait être créée, avec un système s’inspirant du privé, une sorte de management politique, sans exposition aux médias, qui serait composé de chefs d’orchestres des plans, avec prévisions, moyens, bilans et résultats. La communication des ministères aurait alors un peu plus de crédibilité.

Entre « ce qu’on dit » et « ce qu’on fait », il y a le management.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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