Economie et communication : La Porte du Paradis

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Le gouvernement prévoit une reprise économique entre 5 et 6% en 2021, après la chute de 8% en 2020, ce qui ne remet pas les pendules à l’heure (d’avant 2020), même si on peut se réjouir du mot « reprise ». On peut se dire aussi que les errements de vaccination et le retard qui sera forcément pris sur un plan de relance de l’activité additionnés aux milliards de soutiens aux français accumulés par ce même retard, seront l’occasion de revoir ces chiffres à la baisse.

Des prévisions d’ordre électoral et des réalités d’ordre réel. La question qui se pose, dans cet environnement de déclaratifs gagnés par l’ivresse, c’est de savoir jusqu’à quand les français vont accepter sans broncher ces allégations d’une légèreté invraisemblable, face à des événements inconnus jusqu’alors, devraient pousser les gouvernants à plus de modestie dans leurs communications. Même si les experts avancent des chiffres, la mesure des réalités potentielles reste la meilleure conseillère.

Le tableau qui précède propose un seul scénario, avec une sorte de certitude sur la fin de pandémie, l’absence de conséquence post-pandémique, et le monde d’avant retrouvé. En bref, la porte du Paradis. « Le gouvernement est trop optimiste » (Artus) – Challenges Mais cela ne dit pas que le volume d’activité augmente après la pandémie car ce tableau (base de la « com » de l’Etat) présente des pourcentages et non des réalités de production. On aimerait tous y croire, voire améliorer ces chiffres, mais l’expérience depuis plus d’un an est qu’aucune prévision ne tient pour l’instant. Ce n’est pas parce qu’une chose est dite qu’elle se produit. La porte du Paradis est juste à côté d’une autre..

Il y a toujours un moment où l’arrogance se paye. Les aides de l’Etat présentées comme des cadeaux de Noël sont des packs de survie, et le résultat de combats sociaux très anciens qui furent inscrits dans la culture française bien avant l’avènement du bavardage politico-technologique. N’oublions pas que ces aides de l’Etat sauvegardent également un terreau économique destiné à reprendre le collier, et donc le versement des cotisations fiscales et sociales, sans délai, une fois la pandémie maîtrisée. C’est un donnant-donnant, alors la vérité serait bienvenue dans les approches économiques. Si une prévision n’est pas une vérité en soi, elle peut au moins faire la démonstration de scénarios réalistes. Les français sont des adultes, on peut leur parler clairement et leurs espoirs ne s’éteindront pas pour autant, malgré la densité du brouillard qui leur est quotidiennement servi. De l’autre côté du Rhin, A. Merkel a montré l’exemple récemment en expliquant une erreur de jugement et de décision pour les fêtes Pascal. Décision juste ou non, ce comportement est bon pour la confiance. Covid-19 : Angela Merkel s’excuse d’avoir voulu renforcer les restrictions à Pâques en Allemagne (france24.com)

Si la communication sur l’économie doit faire état de résultats financiers, milliards investis ou dettes à venir, c’est la confiance, justement, qui génère les réussites. C’est une indication à donner sur la cohérence des dynamiques nationales et internationales. En production certes, mais aussi en capacité d’échange et de réciprocité, en partage de connaissances pour le progrès, dans un cadre le plus éco-responsable possible. La réussite est globale, elle ne peut être exprimée par de simples progressions-régressions, même si ces indicateurs peuvent être un bon indice. Les Etats-Unis, avec leur nouvelle gouvernance, restent le point clé de notre sortie de crise, les nouveaux accords avec la Russie et la Chine dans les 30 ans qui viennent seront déterminants. La part d’aide à apporter aux pays en dérive comptera aussi. Nos forces sont connues et puissantes, mais notre taille est ce qu’elle est, et là aussi la modestie, sans servilité dans le ton, pourrait être notre meilleure ambassadrice. Savoir qui nous sommes, le faire savoir, et non rechercher dans un ordinateur combien nous valons.

La « post-pandémie » économique ne peut se prévoir réellement avec optimisme sans prendre en compte les projets alternatifs internationaux, pour la plupart éco-responsables. L’enjeu planétaire de santé sera suivi d’enjeux planétaires de survie des années et décennies à venir.

La « vision longue » est la meilleure approche des réalités économiques. L’Etat doit pouvoir communiquer sur cela, et non seulement sur les 100 milliards du plan de relance qui aujourd’hui peuvent encore être engloutis par la tempête que nous traversons.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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