Cyber Défense : Communication d’Influence.

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Dans les communications politiques, il est rarement fait état des résultats obtenus en matière d’anti-terrorisme et de protection des données sensibles du pays. On peut imaginer sans peine que ces sujets doivent demeurer confidentiels lorsqu’ils sont en mode de projet ou d’opération, mais lorsque les résultats sont là, en parler pourrait être bénéfique. Il existe d’ailleurs un programme sur la communication d’influence à l’ENA, qui sera certainement reconduit dans l’école qui la remplacera (Institut du Service Public) :

Lobbying et communication d’influence – Ecole Nationale d’Administration (ENA)

Il y a deux raisons stratégiques pour rompre le silence : la première est simplement de montrer que les impôts servent aussi à nous protéger et que des professionnels de l’Etat s’en chargent, la seconde est d’influencer l’ennemi potentiel sur ses faibles chances de succès : rassurer les citoyens, inquiéter les terroristes. En effet, dans ce siècle, la rémanence des médias a aussi un impact sur les groupes agressifs, qu’ils soient extérieurs et organisés ou de simples fauteurs de troubles sur fond de terrorisme. Une population confiante dans la stratégie de défense du pays est un facteur déterminant de stabilité, les attentats réussis étant aussi rares que durablement traumatisants.

Cinq ans après les attentats du 13-Novembre, la lutte antiterroriste au défi du numérique (lemonde.fr)

Une autre raison, plus originelle, peut expliquer la discrétion sur ces sujets. Il s’agit des opérations menées de front sur une agression ou un hacking terroriste, dont ont pu être victimes des pays étrangers alliés ou des sociétés non implantées sur le sol français. Le maillage de défense est complexe mais la coordination entre les pays fonctionne, sans doute mieux que la distribution de vaccins. Quoi qu’il en soit, de nombreuses affaires auraient mérité plus de visibilité, une fois bouclées, la France étant très bien placée dans le « ranking » des pays équipés :

Le Centre de cyberdéfense | Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ssi.gouv.fr)

Les data contre le djihadisme et l’Opération « Gallant Phoenix » : La Jordanie est le centre de cette opération d’exploitation des données rassemblées par 27 pays, dont la France, initiée par les Etats-Unis. L’objectif est de rassembler et coordonner des preuves, adresses, traces ADN, téléphones, fichiers et échanges numériques, pour lutter contre le djihadisme. Ces éléments se comptent par millions, avec recoupements, traçage et accumulation de preuves depuis plusieurs années. Même si le Pentagone en est l’initiateur et l’organisateur, cette opération est la première coordination géante et multinationale d’échange de données sensibles, en remplacement d’une forme traditionnelle de travail d’un pays vers un autre. Chaque pays apporte et prend, avec la recherche d’anticipation des actions possibles, probables, certaines.

NATO – Cyberdéfense

Dans les entreprises privées internationales, cela s’appelle l’échange d’expériences entre pays, pour détecter les meilleurs processus, ou tirer les enseignements de succès ou d’échec pour le bénéfice commun. Aucune protection n’est totale, mais Galland Phoenix est un exemple de la nouvelle ère de la défense internationale, et cela peut être expliqué, sans dévoiler les structures ou les aspects confidentiels évidemment nombreux et clés.

« Solarwinds » ou la plus grosse attaque informatique connue, fin 2020 : La plupart des administrations et centres de pouvoir américains travaillent encore sur le logiciel espion découvert chez Solarwinds dont les contours sont innombrables. Le Trésor, la Justice, le Commerce, l’Energie, les Affaires Etrangères, sont les administrations américaines principales « visitées » par le biais de ce logiciel espion. Microsoft estime que plus de 1000 ingénieurs ont été nécessaires pour mettre au point ce sabotage, dont les impacts débordent jusqu’en Europe, et la Russie est pointée du doigt. Joe Biden a mandaté une task force pour verrouiller de manière durable la sécurité de ces données :

After big hack of U.S. government, Biden enlists ‘world class’ cybersecurity team | Reuters

Opération Ulysse : la cyber infiltration orchestrée par la DGSI a permis de déjouer un attentat en France en 2016. En s’introduisant dans une boucle de la messagerie cryptée « Telegram », la DGSI a pu identifier un projet commandité par l’EI depuis la Syrie. Le commanditaire a été identifié et les 3 accusés et exécuteurs du projet, en bout de chaîne, ont pu être déférés devant les tribunaux. Quels que soient les détails de l’opération, la communication sur son résultat aurait été importante. Elle signifie clairement que les attentats en France, dont ceux de Charlie ou du 13 novembre 2015, malgré le traumatisme immense, demeurent de rares actions passées au travers des mailles du filet. Le filet existe bien, et il se resserre, en France et sur la planète.

Stuxnet ou le virus anti nucléaire : On ne saura jamais exactement qui a introduit ce virus en vue de ralentir le programme d’enrichissement de l’uranium en Iran en 2010 (ce petit exemple pour contrebalancer l’idée que l’occident n’est jamais l’agresseur : Israël ? Etats-Unis ? ). Bonnes ou mauvaises raisons, la cyber-guerre génère des attaques aussi en provenance de l’occident, mais les actions de défense restent les plus massives.

Depuis dix ans, il est probable qu’en France une centaine d’attentats ait été déjouée par les services de renseignements, dont 70 certains. L’apport technologique, l’analyse prédictive, le machine learning, le forage de données, et l’exploitation systématique de type « big data » n’ont toutefois pas remplacé le renseignement humain, souvent à l’origine de la bonne information, au bon moment. La coordination internationale, la puissance technologique et budgétaire des Etats partenaires ont permis et permettront d’affiner encore cette lutte quotidienne pour protéger les citoyens.

En quête de la cyberpaix:gérer la cyberguerre par la coopération internationale | Nations Unies

En matière d’anti-terrorisme, l’absence de nouvelle est une bonne nouvelle. L’Etat pourrait décider d’en faire une communication d’influence puissante.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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