Présidentielles 2022 : Psychopathologies

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

L’année qui précède une élection présidentielle est l’occasion de tenter de déterminer ce qui prend le plus de place dans les préoccupations des français. C’est d’ailleurs le thème des nombreux sondages régulièrement édités. Naturellement, et quels que soient les doutes qu’on peut avoir sur la réalité des évaluations, il s’agit de photographies « comme si » le vote avait lieu tout de suite.

On ne sait si c’est culturel, ou simplement la forme des questions posées, mais aucune étude ne s’intéresse aux « espoirs des français » mais plutôt à leurs soucis, inquiétudes, peurs et autres angoisses. Il n’y a aucune stratégie derrière cela mais une propension à récupérer des réponses nombreuses et efficaces sur les problèmes plus que sur les opportunités ou rêves. La période est propice aux déprimes, et il est vrai que l’humain s’exprime plus largement sur ses douleurs que sur ses bonheurs. La liste de sujets qui est présentée n’inclut aucune joie possible, mais des luttes.

Il y a un effet pervers dans ces schémas d’observation des pensées et comportements : ils renvoient le rôle du Président à celui d’un réparateur de soucis, gestionnaire de problèmes et calculateur de risques. A aucun moment, cette vision des attentes de la société ne propose un groupe représentatif qui s’exprimerait sur l’idéal social ou l’idéal humain, ou même l’idéal professionnel, l’ambition ou les désirs de leadership. C’est pourtant une motivation pour choisir un candidat, celui qui fait rêver, celui dont on acceptera les quelques erreurs pour l’idée d’un avenir brillant ou paisible, familial ou individuel.

Un projet de société pourrait résumer une idée positive du futur, qui ne peut se concevoir uniquement dans une liste de problèmes à résoudre. Il y a peu, sur une chaîne d’information, G. Darmanin, de bonne foi, expliquait que ce qu’attendaient les français, c’est que les membres du gouvernement fassent, chaque jour, le mieux possible leur travail. Il n’est pas en cause, c’est juste que chaque ministre aurait pu prononcer ces mots, et c’est devenu la limite qui est aujourd’hui définie : que chacun fasse bien son travail, et les vaches seront bien gardées. Et le travail devient le sujet principal.

Télétravail : obligatoire ? Qu’a annoncé Emmanuel Macron ? (linternaute.com)

Comment un(e) jeune adulte, déjà freiné(e) dans ses projets par cette période compliquée, peut considérer que la société ressemblera à cela ? La question est : comment peut-il bien vivre cette proposition, pourtant sensée et relativement juste dans le fond. On doit tous espérer que les générations en phase de starter dans la vie n’écoutent jamais ces phrases et regardent loin devant, au-delà de ces hommes et femmes qui « font chaque jour le mieux possible leur travail ». C’est également vrai pour un(e) moins jeune. Ce n’est pas un futur qui est proposé. C’est une description d’un quotidien de problèmes, ce qui est exactement la situation personnelle des responsables politiques aujourd’hui. Mais certains d’entre eux, au gouvernement ainsi que dans les oppositions, pourraient peut-être se concentrer sur un mot qui a toujours porté les gens, à commencer par le Président actuel : « projet ». Ce mot à été perdu en cours de route, dans les « problèmes à résoudre », les inconnues et les carences liées à la santé, et dans les méandres des nombreux risques physiques de la société.

Le risque mental a été perdu de vue; le risque moral aussi sans doute. Ils ont été remplacés par des dates butoirs, des horizons sans cesse en mouvement, des débats scientifiques exposés à tous et incompréhensibles pour tous, ainsi que les centaines de morts comptabilisées quotidiennement comme le prix du carburant ou l’indice du CAC 4O. Tout cela existe, mais la communication qui en est faite dans la répétition, l’assommoir, le marteau au cerveau, finit par engendrer le risque majeur de la perte de sens, et même la perte d’envie de sens. Les marques communiquent parfois sur le « sens » et l’univers politique pourrait s’en inspirer :

La démonstration absurde de la concentration des pouvoirs présidentiels a conduit une population pourtant individualiste et assez dissipée traditionnellement à prononcer des phrases comme « cela finira bien par s’arranger », ou des phrases commençant par « ILS » comme si le trio Macron-Véran-Castex était l’Alpha et l’Oméga de toutes les solutions. Cet article ne critique pas ce qu’ILS font, mais ce qui est distillé, ce qui abîme finalement la personnalité de la France, incluant les incohérences et paradoxes qui nous définissent tous, et en particulier la capacité à imaginer les projets les plus fous.

Covid-19 : « Après la crise sanitaire une réflexions sur nos institutions sera inéluctable » (20minutes.fr)

La seule obligation des candidats n’est pas celle des moyens ni même celle des résultats. C’est l’obligation de projet. Choisir un(e) Président(e), c’est choisir une société, et non une entreprise de plomberie.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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