Crises : L’Espoir Individuel face aux Replis Politiques

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Les baby boomers, et en particulier ceux qui sont nés entre 1955 et 1960, une fois parvenus à l’âge adulte et entrés dans la vie professionnelle, n’ont connu que des crises successives. Il est bien entendu que celle qui nous préoccupe en ce moment n’a rien à voir avec les précédentes, mais il serait faux de penser que cette génération (aujourd’hui proche de la retraite) ait vécu dans des horizons économiques radieux, et des schémas politiques vertueux. En 1980 et années suivantes : faible compétitivité, déficit extérieur, restrictions budgétaires, aggravation du chômage etc.. Des périodes plus calmes suivies à nouveau de crises (2008 par ex.)

La réalité qui se confirme aujourd’hui est que le schéma de type récessif n’a jamais été durablement inversé. Il était difficile de trouver du travail, c’est toujours le cas. Les discours sur les économies à faire sont les mêmes depuis 40 ans, bien avant la pandémie de Covid19, et seront les mêmes après, avec les amplifications immenses du coût sanitaire, qu’il soit humain, moral ou financier. On peut nuancer ce résumé, mais il exprime une forme de banalisation progressive des discours et programmes de plus en plus en repli et de plus en plus minces en dynamiques d’ouverture.

La crise de confiance dans les partis politiques, une spécificité française ? (theconversation.com)

La première conséquence politiquement identifiable est l’intégration de l’extrême droite, qui passe d’une incroyable surprise avec J.M. Le Pen au second tour en 2002 à une certitude incontestée de M. Le Pen au second tour 2022. D’autres conséquences sont le culte de la personnalité d’E. Macron, (voulu ou non) tourné en dévotion absolue par les militants d’En Marche et la disparition de la « gauche » dans une offre lyophilisée et incompréhensible. Cela forme une addition de responsables politiques d’opposition ou aux manettes dont on ignore totalement les opinions politiques réelles. Il reste la droite traditionnelle, qui, justement, est traditionnelle, donc sans offre distinctive. Ce tableau, volontairement communiqué de manière brutale, peut conduire à avoir à choisir entre deux personnes que peu de gens aiment, au second tour des élections. Ce sont peut-être même ceux que les électeurs aiment le moins.

Quand on fait le « moins mal », le « moins gênant », le « moins engageant » et tout un tas d’autres « moins », la société paraît clairement en phase de repli. C’est en tous cas ce que communiquent les politiques aujourd’hui, et les choix proposés en sont le reflet. L’engagement est si peu marqué entre les « partis » que certains (à la recherche d’une vague modernité) imaginent même des « comparateurs de programmes » gérés par l’informatique, alors que quelques axes de projets devraient suffire à différencier les candidats.

Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon lance un « comparateur de programmes » (20minutes.fr)

En dehors des extrêmes, gauche et droite, les valeurs des politiques qui peuplent l’échiquier ne sont pas réellement à mettre en cause. Ils défendent tous une forme de démocratie acceptable et raisonnée. Mais l’enjeu est bien ailleurs, dans la dynamique des chances, dans la volonté de culture, dans la vision internationale en Europe et hors de l’Europe du rôle des français : non pas de « La France », mais de chacun des français. Le repli politique progressif, le « hors sol » de responsables en charge ou de l’opposition, ont créé dans la population un phénomène d’abandon du commun pour tenter sa chance individuellement. On profite des avantages du « commun » (social essentiellement), mais on ne croit qu’en soi pour l’avenir. Le pilonnage politique de la communication de crise ne fait plus effet.

L’aspect individualiste se développe, autant que se développe la perte de compréhension de la chose publique, voire même du « groupe ». Les grandes entreprises font moins rêver, les petites structures et initiatives poussent rapidement, l’individu veut exister, être l’auteur, ne pas dépendre, éviter les « chefs ». Si nous interrogeons un responsable politique sur le pourquoi de cette tendance, il vous dira que le numérique en est la cause. C’est partiellement vrai, mais partiellement et pas majoritairement. La sociologie associée à cette tendance est un rejet « adolescent » du paternalisme politique, en permanence menaçant ou négatif, et une incompréhension louable des replis divers, maintenant identifiés. Le numérique a pu simplement servir de carburant.

Les crises ne peuvent plus servir de prétexte aux replis politiques. Les générations XYZ souhaitent de la construction, individuelle plus que familiale, il faudra bien s’y résoudre. Les évolutions de la société, aidées en cela par les réseaux sociaux, n’ont plus un « sens de groupe » mais un « sens pour chacun ». En tous cas c’est la tendance, même si cela n’exclut pas la générosité, l’associatif, le lien. Mais l’argent n’est plus le thème fédérateur, pas plus que la morale, la discipline ou la contrainte.

La confiance individuelle face au repli politique progressif correspond à la rencontre de l’air chaud et de l’air froid de la météo. L’orage peut venir. Les partis et les dirigeants politiques ont une responsabilité immense, au travers de leurs paroles, de leurs images et de leurs décisions, dans la dégradation nette de la confiance publique. Il ne leur reste aujourd’hui qu’à parler moins et mieux, et à capter ces espoirs et réactions nés de crises successives mal gérées, pour en faire un socle positif de leurs propositions présidentielles.

Les français(es) leur en seront, pour une fois, reconnaissants.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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