Politique et Paradoxe Communautaire

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Parfois, la complexité « à la française » rejoint la complexité du monde : c’est le cas des communautés. Portées et développées par le numérique depuis plus de 30 ans, elles présentent une diversité de mondes et de genres, à l’intérieur même d’une seule société. Leurs objectifs peuvent être sociaux ou de civilisation (syndicats, LGBT), mais aussi de se rassembler autour du jeu, des paris, de la finance, du commerce (marques), de l’écologie réelle (et non politique), de la géographie et de la science, ou simplement dire non à quelque chose (antivax). Ce sont des « causes » relativement gérables par l’Etat, et parfois même de bonnes occasions de développements économiques. Elles ne favorisent pas le communautarisme par leurs sujets, mais par la créativité technologique qu’elles suggèrent.

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Ces groupes d’intérêt restent des assemblages plutôt pacifiques, on y adhère ou pas, mais ils existent, sont vivants, et représentatifs de notre société en évolution constante. Ils n’ont rien à voir avec les groupes terroristes religieux, qui utilisent les mêmes moyens très efficaces. Le contrôle de ces moyens, sans atteinte aux libertés publiques, devient alors pour l’Etat l’enjeu principal face aux séparatismes.

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D’un point de vue historique et politique pur, les communautés, puis les séparatismes, sont nés de l’opinion, constituant des partis et générant des communautés actives : les partis politiques. Le communautarisme ciblé par le projet de loi contre les séparatismes est, étrangement, aussi le schéma fondateur de l’organisation politique.

Loi séparatisme, respect des principes de la République | Vie publique.fr (vie-publique.fr)

Le paradoxe commence ici. La politique combat le communautarisme d’une façon assez globale, avec une recherche de résultats, mais en est aussi à l’origine. Elle a souvent développé, au bout d’une chaîne de passions, les activismes et souvent les crimes. L’histoire européenne, fin XXème, est pleine de ces extrémités politiques : Brigate Rosso et l’assassinat d’Aldo Moro en 1978, Euskadi ta Askatasuna (ETA) actif de 1958 à 2018, ou RAF (Baader Meinhof) plus connu sous le nom français de Fraction armée Rouge, mouvement d’extrême gauche allemand (1968-74).

Ces exemples permettent juste de considérer, l’espace d’un article, ce que le communautarisme et le séparatisme peuvent avoir de différent d’une simple communauté. L’autre angle qu’on peut concevoir est que ces extrêmes se sont construits au siècle précédent sur un seul et même thème : la politique. A une époque où ce thème déclenchait les passions, et les dérives. On ne va pas regretter ce temps. Le fait est que le désintérêt de la population pour la politique a désamorcé la passion extrémiste, M. Le Pen et J.L. Mélenchon étant contraints aujourd’hui de se fondre dans la masse pour espérer se fondre aussi en masse dans les urnes. Le communautarisme politique d’aujourd’hui n’est ni gentil ni méchant, il est simplement dilué, plus pernicieux aussi sans doute. Certes, la société pourrait aller mieux, mais l’opinion politique ne crée plus de terrorisme primaire aujourd’hui, en tous cas pour l’instant.

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Le communautarisme religieux, essentiellement représenté par l’extrême islamique aujourd’hui, pose un problème différent du communautarisme politique. En politique, on peut contester une position, argumenter, ne pas être d’accord et si aucun dialogue n’est possible, s’opposer et éventuellement combattre. Quand un mouvement violent, voire guerrier, utilise la religion comme motif, la première étape disparaît et la possibilité de négocier aussi. Personne n’est pour ou contre Dieu, personne n’en sait rien, on y croit ou pas, que ce soit le Prophète, Dieu le Père, ou Buddha. La violence est donc immédiate dans une version religieuse extrême, le djihad n’étant pas la première guerre de religion de l’histoire. Il n’y a pas une foi modérée ou extrême, il y a une foi, et des comportements modérés ou extrêmes. Ce que l’Etat souhaite, et les mandatures précédentes souhaitaient la même chose dans des contextes moins sévères, c’est que cette différence soit comprise par tous, entre la critique du comportement et l’absence de critique d’une foi. Il s’agit de pourchasser et vaincre sans amalgamer les croyants.

Comme pour nourrir le paradoxe, on a fini par nommer l’islamisme extrémiste : « Islam Politique ». Compte tenu de « l’outil démocratique » que représente la politique en France, c’est leur faire beaucoup d’honneur. Il s’agit d’une communauté terroriste internationale, rien d’autre. Au même titre que l’ETA ou Baader-Meinhof. en leurs temps. Il n’y a aucune différence, si ce n’est l’internationalisation et la source étrangère, dans ce combat mené par l’anti-terrorisme, la police, en France, et l’armée au Sahel. La population française et européenne peut être victime, comme nous l’avons vu ou vécu. Il faut appeler juste cela : « crimes ». Le mot « séparatisme », et le projet de loi qui en découle, sont de réelles pistes démocratiques légales. Leur expression prend pourtant le risque de noyer, dans un ensemble hétéroclite, ce qui est du domaine de la guerre et du crime avec ce qui est du domaine de la croyance et de la foi. Ce ne sont ni les mêmes personnes, ni les mêmes cibles.

La Commission des droits de l’homme critique la loi séparatisme (la-croix.com)

Il n’y a pas de meurtres religieux. Il n’y a que des meurtres.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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