Générations Politiques : Les Lapins-Canards

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Le fondateur du Forum Economique Mondial (Klaus Schwab) avait expliqué que dans le nouveau monde, « ce n’est pas le plus gros qui mange le plus petit mais le plus rapide qui mange le plus lent. » Cette réalité pourrait trouver un complément dans le monde politique en ajoutant : » à condition de gagner l’enjeu de perception ». Les lapins et les canards, mixés dans le célèbre trompe l’œil d’entrée de cet article (auteur inconnu) est représentatif du profil de cette nouvelle génération politique.

Il y a deux exemples récents de communications « lapin-canard », issus de la nouvelle génération, dont les effets ne sont pas catastrophiques mais gênants et hors champ. Le premier est celui de G. Darmanin et A. Pulvar : l’une critique l’autre, et l’autre porte plainte. L’une dans son droit, l’autre en surréaction, hors limite démocratique. Tout cela avec une bonne exposition média, couvrant par son bruit la réalité des messages des policiers à l’Etat. Audrey Pulvar se (re)fait une santé contre Gérald Darmanin – Libération (liberation.fr) Donc contre productif, en image, en message, en posture politique, et nuisible aux causes de la manifestation d’origine. Le deuxième exemple est celui de J.M. Bigard et M. Schiappa : le premier insulte publiquement des ex ministres ou autres personnalités, et M. Schiappa, membre du gouvernement, lui répond tout aussi publiquement à propos d’un alcoolisme supposé. Il répond à nouveau etc.. « Ravages de l’alcoolisme », « partouzes »: ça chauffe entre Marlène Schiappa et Jean-Marie Bigard (bfmtv.com) Même exposition média que le premier exemple, un peu moins classe… La cour de récréation n’est pas loin.

En un mot, il n’est pas concevable que des ministres de la République tombent dans des panneaux de communications négatives aussi énormes. Pour en finir avec ces deux exemples, Madame Pulvar vient de l’univers des médias et Monsieur Bigard de celui du showbiz. Ils ont une habitude bien plus importante de la manipulation possible que peuvent engendrer les expositions publiques, et la nouvelle génération politique ne fait pas le poids dans une querelle médiatisée. Autant l’éviter. D’ailleurs, la proximité traditionnelle entre ces univers et celui de la politique a plutôt été l’occasion de problèmes que de valorisations politiques. Présidentielle : les soutiens d’artistes, une méthode encore utile ? – Libération (liberation.fr) La retenue et la réflexion, avant les déclarations, constitueraient une bonne première règle, avec un peu de classe si ce n’est pas trop en demander, la seconde étant de ne pas jouer les canards à la vitesse du lapin. L’enjeu restera toujours celui de la perception.

Cette génération, pour passionnée qu’elle soit une fois aux responsabilités, doit pouvoir utiliser cette énergie. Quel que soit le gouvernement en place, il est bon de se rappeler que chaque poste à visibilité sera une cible pour les oppositions, mais aussi pour les médias et l’opinion. Il n’est pas sain d’exposer au public des spectacles puérils quelles qu’en soient les bonnes raisons. La difficulté est de ne pas sortir de ses gonds face aux provocations, ou simplement face aux opinions divergentes. Chaque interlocuteur agressif ou opposant « énergique » a plus à gagner qu’un ministre en place dans un dialogue désagréable au travers des médias. La raison en est simple : les médias illuminent davantage les mots ou les images choquantes, et le simple fait d’y répondre crée une contagion négative sur les deux protagonistes de la dispute. Et quand on est ministre, les contagions négatives s’insinuent aussi dans son propre camp. C’est injuste, mais c’est la vie politique, faite de pouvoirs et de fragilités. LREM : La charge de Gérald Darmanin contre Audrey Pulvar agace la majorité (20minutes.fr)

Les jeunes responsables politiques ont permis à l’ensemble des structures de travailler à la vitesse des moyens d’aujourd’hui, avec des adaptations en cours, à faire, ou parfois menées à leur terme. Il est clair que le « temps court » est une donnée actuelle et que le profil « lapin » est stratégique dans un projet politique du 21e siècle. La vitesse d’action ne conditionne pourtant pas toujours la vitesse de réaction. Il y a un manque de discernement de ce côté-là, qui dépasse de loin les deux exemples donnés ici (choisis parce que récents).

La vitesse pour faire, pas toujours pour dire.

Côté « canard », la parole des gouvernants et des politiques d’opposition doit pouvoir être une réaction à l’actualité, mais toujours avec une dimension intemporelle qui exprime leur posture, leur conviction, et une forme inébranlable de détermination. Un petit sujet peut être l’occasion de rappeler les stratégies ou les projets, en un mot : le fond. Le public s’amuse des disputes dans les médias, ou s’en désole, mais on ne vote pas pour s’amuser ou se désoler, on vote parce qu’on croit, ou éventuellement pour éviter le pire.

La réussite en politique exige la séparation entre le cerveau lapin et le cerveau canard.

Sinon, le résultat est une perception altérée.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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