Parole Politique Digitale : Oups !

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

La communication a depuis une trentaine d’année trouvé un Eldorado dans le développement des moyens digitaux. Des balbutiements commerciaux aux envahissements publicitaires, le chemin a également été riche d’occasions pour les enjeux politiques. Contrairement aux idées reçues, ce sont les contre-pouvoirs ou les mouvements de groupe, ainsi que les élus locaux, qui ont compris avant les dirigeants du gouvernement et des grands partis quelle était la bonne stratégie. Quand le numérique révolutionne l’action politique et la conquête du pouvoir ~ SILO (silogora.org)

Comme le pensent les personnalités politiques nationales, croire que les médias numériques sont majoritairement destinés aux jeunes est une idée digne du siècle dernier. (Selon Médiamétrie, la France comptait 53,8 millions d’internautes en avril 2021, soit 85,2% des Français de deux ans et plus). Pour résumer, l’univers du web, par sa richesse et sa diversité, est aujourd’hui l’interface de tous, sans exception, quels que soient l’âge, le sexe, la catégorie socio-professionnelle, ou le moyen d’accès. Il n’est en aucun cas une forme dédiée à un public particulier. Il y en a pour tout le monde, et partout.

Nous avons récemment vu les politiques utiliser les « influenceurs » et les « youtubeurs » comme si la jeunesse se résumait à cela. Ce serait comme dire que les jeunes se résument aux pseudo-téléréalités type « Les Marseillais » ou les seniors aux prévisions astrologiques. Certes, il y en a quelques uns que ça intéresse, mais dans une époque où on tente de lutter contre les a priori, c’est non seulement un mauvais résumé, mais aussi le mauvais étage de la fusée de communication.

Pour preuve, (doc ci après), en dehors de Google, Facebook et Microsoft en tête, on trouve dans l’ordre : le groupe Figaro, Amazon, Web66 (quotidiens régionaux), Prisma Média. Aucun de ces groupes ne s’adresse aux jeunes spécifiquement, ils sont (à part Amazon) essentiellement dédiés à l’information. Si on ajoute que 9 adultes sur 10, comme l’indique le début du document, visitent des applications et sites bancaires, nous retrouvons finalement un monde d’audiences ultra-actives et au-delà de la trentaine en terme d’âge.

Barack Obama, lors de sa première campagne qui a mené à son élection en 2008, avait industrialisé l’idée, en développant une stratégie de contact très puissante avec l’électorat. Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis montrent un chemin, suivi par tous ensuite, mais pas toujours dans la bonne direction. Il n’y avait pas de « youth power » dans la démarche US, mais bien un complément aux chaînes d’information et quotidiens américains sur l’ensemble du potentiel électoral, les jeunes n’étant pas les plus « votants ». Le choix de Facebook, plateforme la plus riche de contenu possible en texte comme en images, était déjà une approche qui privilégiait le sens, et non le happening simpliste. Les internautes n’ont pas hésité à suivre, et bien au-delà des jeunes. Ce schéma est cent fois plus efficace que les apparitions plus ou moins réussies de nos politiques en mode « selfies ».

Le marketing politique de l’après-Obama – Les stratégies marketing de demain – Constructif

En effet, se précipiter sur Twitter (ex D.Trump), Tiktok, Youtube, Snapchat, Pinterest ou Instagram pour exprimer une existence politique condamne l’émetteur à une expression en hyper réduction, à l’inverse de ce que sont la Constitution ou le Code Civil, et surtout à l’inverse des programmes ou réformes présentés. La conséquence immédiate est que cette apparition devient elle-même un sujet. C’est le seul moyen d’en faire quelque chose, en réalité. Mais comme toute apparition rapide, la disparition l’est encore plus, malgré les reprises média.

Il reste que cette stratégie est l’expression d’un choix, comme si les jeunes étaient aussi futiles que ces moyens : « Préférer 10 millions de vues à 10 lecteurs ». Il n’y a pas de vision plus commerciale et creuse en politique que celle-là. C’est de surcroît une erreur, d’où le rappel des audiences liées au numérique de l’information du début d’article. Une erreur stratégique, car on peut avoir les deux : la quantité et le fond. Les modes d’expression réduits dans leur forme favorisent l’image ou la punchline. Ils favorisent aussi les egos des émetteurs, et ressemblent à une thérapie de solitude pour beaucoup d’entre eux. Il n’est pas sûr qu’un(e) responsable politique sorte grandi(e) de l’exercice, compte tenu de la réactivité moqueuse du web. Les jeunes ne marchent pas dans la combine.

La jeunesse est multiple, et ceux qui souhaitent participer aux votes nationaux ou régionaux ne sont peut-être pas dans des schémas permanents de réduction visuelle-intellectuelle.

Les politiques pourraient leur accorder un peu plus de densité, et monter eux-mêmes d’un étage ou deux dans la fusée numérique.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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