Société : Les Ciels de Traîne du Covid19

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

La période est plus lumineuse, l’espoir de liberté et de santé protégée s’accompagne d’un retour aux débats et sujets de société dans les médias. Le « tout va bien » n’existe jamais mais on peut quand même affirmer que ça va mieux. Ne pas perdre le nord en politique pourrait bien être la clé pour passer toutes les étapes qui s’annoncent, dans cet « après Covid », qu’on soit gouvernant ou opposant.

Alors que les échéances électorales se rapprochent, les personnalités politiques et les médias sont entrés dans une psychopathologie de la surface des choses. On bataille sur ce qui se voit, et on ignore ce qui est.

Régionales 2021 : Les candidats ont-ils raison de parler autant de sécurité ? (20minutes.fr)

Dans la famille des effets pervers « post-Covid », la sécurité devient un thème absolu. Maintenir le plus longtemps possible les français dans une angoisse de longue durée ressemble au nouveau terrain politique. Et dans ce champ des peurs, poussent comme de mauvaises herbes les complotismes et les absurdités imaginaires, parfois au plus haut niveau des sphères politiques. « On avait raison » : chez les complotistes, l’art du triomphalisme sélectif (lemonde.fr) Que ce soit par le canal de la parole politique ou celui de la dynamique de la société dans son ensemble, un curieux cocktail lancinant revient en boucle dans les médias, comme si la bataille sanitaire n’avait pas suffi et qu’il fallait trouver des cousins éloignés, dangereux et malfaisants, pour assurer la suite.

Il ne s’agit surtout pas de nier les faits de violence. Il s’agit de ne pas nourrir l’idée que la société meurt. Il y a toujours des gens pour danser sur des tombes. Les faits de violence, pour détestables qu’ils soient, n’en restent pas moins les éléments de surface qui créent, par leur audience instantanée, un effet hypnotique. Violences entre bandes : « La médiatisation encourage le phénomène », estime le sociologue Gérard Mauger (francetvinfo.fr). Les piliers de la société française sont faits d’un autre bois et ne se sont pas construits là-dessus.

L’effet contaminant (pour rester dans la métaphore sanitaire) de cette course à la sécurité fonctionne sur l’ensemble du prisme politique, ainsi que sur celui des médias, rendant ainsi quotidienne la crainte individuelle de se voir brutalisé, dévalisé, cambriolé, ou même tué. Ainsi, l’altercation entre E. Dupond-Moretti (Majorité Présidentielle) et D. Rieu (R.N.), naturellement filmée, nous montre une table de bistrot et deux hommes qui ne sont pas des gilets jaunes, des black blocs ou des terroristes, en train de s’écharper vertement, publiquement, avec des invectives respectives dignes du bas de la hiérarchie des arguments. L’un tombe dans le piège de l’autre à l’évidence, découvrant ainsi que les campagnes électorales sont de durs moments. Mais le show est violent. Et cette violence-là ne vient pas d’une pauvreté, si ce n’est celle du discours.

Face à François Ruffin et Damien Rieu, « Dupond-Moretti ne sort pas grandi de ces images » (marianne.net)

Cet exemple (si on peut le qualifier ainsi), n’est pas isolé et participe à la dégradation de l’image des politiques, gommant ainsi lentement, mais sûrement, le respect qui va avec, emportant avec lui les règles simples de la vie sociale. C’est en tous cas ce que cela inspire. L’enfarinage de J.L. Mélenchon et la gifle d’E. Macron sont également traduites par les commentateurs comme des symptômes de la dégradation des respects. Nul doute que le fait lui-même est cela. Nul doute aussi que ce fait ne représente rien d’autre qu’une action isolée qui réjouira les réseaux sociaux dans le « e-circus » quotidien. Nul doute enfin que les autorités ou personnages politiques élus seraient bien inspirés de garder quelques distances  » de sécurité » pour eux-mêmes prioritairement, et pour ne pas épaissir cette surface événementielle nuisible, et absolument non représentative des français. Le Service De La Protection de la Police Nationale 2021 (police-nationale.net) Protéger les élus comme les opposants est la règle numéro un d’une démocratie, personne n’en doute.

Il ne faut pas se méprendre, ce que montrent les responsables politiques dans les médias (sociaux ou non) a de l’impact sur l’opinion. Si on a de l’impact, on a de l’existence, et si on a de l’existence, on peut passer un message. Mais le message ne semble pas bien fonctionner sur cette suite (et fin espérée) de la période Covid 19. En effet, les choses sont présentées comme un plan comptable, un tableau Excel, une valeur matérielle avec un début et une fin, comme une sorte de « problème réglé ». On récompense l’auteur de Covid Tracker (Dashboard de suivi de la pandémie) de la médaille du mérite, comme un tableau Excel élevé au rang d’œuvre d’art. La surface encore. On espère que les patrons des services d’urgence et de réanimation des hôpitaux, des Ephad, accompagnés de tout leur personnel n’ont pas eu cette information, de même que les soldats en opération au Sahel, cela pourrait générer un peu de mauvaise humeur.

Récompense. Guillaume Rozier, fondateur de Vitemadose, reçoit l’ordre national du Mérite (ledauphine.com)

Une fois encore, et sans nier le génie possible des créateurs de Covid Tracker, une priorité est accordée et médiatisée à ce qui se voit au détriment de ce qui a été ou est encore. C’est une approche injuste pour ceux qui ont bataillé sur le terrain, toutes professions confondues, et teintée de jeunisme. Opération Barkhane : deux soldats français tués au Mali dans l’explosion de leur véhicule ce samedi – ladepeche.fr Un apport de capitalisation de l’entreprise de cette équipe brillante aurait été une meilleure récompense que ce symbole de la République, et peut-être l’aurait-elle préférée. Les signes envoyés, les scènes médiatisées, les mises en scène parfois, et globalement les images que communiquent les acteurs politiques ne sont pas en phase avec la société française. On peut être combatif sans vulgarité, on peut être sincère sans naïveté, on peut exister sans se dévoyer, on peut inspirer sans obliger, et enfin on peut convaincre sans hurler, même si les médias adorent.

Il y a un ciel de traîne après-Covid, fait de fragilités psychologiques, sociales et économiques. La responsabilité de tous les acteurs publics pourrait être d’en faire un retour à la dignité.

C’est leur travail. à eux de communiquer sur ce thème, on y croira.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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