La République En Marche : Sortie dans l’Espace

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Les élections régionales et départementales en cours ont démontré que l’ancrage territorial était une donnée, et même une valeur. Sans lui, s’exposer à un scrutin local ou semilocal revient à une sortie dans l’espace sans la combinaison adéquate. Notre T. Pesquet national ne nous contredira pas sur les temps de préparation et supports nécessaires à une telle opération, pour conforter cette image.

Elections départementales : ils défendent un fort ancrage territorial | Voix du Jura (actu.fr)

Depuis 2017, En Marche avait le temps de passer de « mouvement » à « parti ». Un « mouvement » n’a par définition pas ou peu de structure, et sa qualification même induit une forme d’inconstance qui peut devenir de l’inconsistance si on ne la structure pas, ou mal. L’idée d’un « parti » était même rejetée par ses fidèles en 2017, comme s’il s’agissait d’une forme obsolète d’organisation politique. On a tous vu qu’une image nouvelle de support présidentiel était créée, avec des profils de responsables assez éloignés de « l’habitude » politique. Sans refaire l’histoire, nous avons tous assisté dans les années 2017-2020 à l’éclatement supposé des partis traditionnels, comme si le « mouvement » avait dévoré le « statique », teinté d’une forme de mépris générationnel, ou de jeunisme, au choix.

Une fois la surprise passée et le Président élu, les chocs de réalité sont venus, comme toujours, grignoter sa popularité et son image dans une usure traditionnelle du pouvoir, avec la pandémie en prime. Les imprévus, ennemis des stratégies et des plans, ont été au rendez-vous. Les difficultés rencontrées par E. Macron dans les enjeux sociaux de début de mandat (gilets jaunes, retraites, ISF) ont créé de gros déficits d’image pour lui-même mais surtout pour le mouvement En Marche et ses leaders de la première heure. (C. Castaner, B. Grivaux, S. Ndiaye, G. Le Gendre entre autres..). Gilles Le Gendre : « Notre erreur est d’avoir probablement été trop intelligents, trop subtils… » (nouvelobs.com). Une image en panne, au-delà de nos frontières :

Christophe Castaner face aux “gilets jaunes”, un ministre en échec (courrierinternational.com)

En Marche s’est éloigné du Président et vice-versa, non par désaccord ou désamour mais par inefficacité. Ce Président, quel que soit l’opinion qu’on en ait, recherche une efficacité, un résultat, une valeur objectivement incontestable, une preuve. En Marche s’est enlisé dans des erreurs de personnes, des erreurs d’organisation, et une utilité présidentielle presque négative, sans travailler à construire un bloc identifiable et pérenne pour les français.

Une élection locale, même avec une abstention record, reste un exercice de résultat. Il en va de même pour une sortie dans l’espace. On n’y va pas pour le tourisme (pas encore). A l’occasion des régionales, les astronautes en mission pour En Marche était issus de différents ministères et sont partis dans l’espace pour rencontrer le vide et l’échec.

Darmanin reconnaît l' »échec » de LREM aux régionales – Challenges

L’absence d’historique local est une chose, mais il se trouve qu’il faut faire coïncider une notoriété locale avec un profil socio-culturel en phase avec la population. Par exemple, E. Dupont-Moretti est bien issu de la région Nord, mais représente ce que les français rejettent du Macronisme : le haut de gamme économique. On a le droit de réussir, mais dans une élection cela doit être un élément quasi -invisible. Quant à L Pietraszewski, il est le chef d’orchestre d’un projet de réforme des retraites au calcul incompréhensible pour le commun des mortels, dont l’objectif était de réduire la dépense. C’est aussi un échec du quinquennat, qu’on le veuille ou non. Envoyer cette personne face aux votes des citoyens du Nord revient à missionner un astronaute dans le vide, en jogging.

Les autres exemples de membres du gouvernement sont identiques, faibles en image, parfois en notoriété, sans historique ni structure politique solide, et le fossé creusé entre le Président et En Marche devient un ravin contre productif. La Gauche, pourtant adressée à la morgue depuis longtemps, s’en sort mieux, dans un « gauche-droite » traditionnel rappelant les élections bipolaires historiques de la France. Elections régionales 2021 : les partis de gauche veulent se « compter » avant la présidentielle de 2022 (lemonde.fr). L’autre effet anecdotique, même si les votes restent secrets, est qu’au Touquet, le Président devra voter pour X. Bertrand, ennemi républicain certes, mais ennemi quand même. Les élections ont généré une forme d’humour qui pourrait l’agacer.

©Thomas Padilla/MAXPPP –

Au fond, E. Macron le sait, sa destinée présidentielle « version 2 » ne tient qu’à deux choses : sa volonté de se représenter et une fin définitive ou reprise de la pandémie avant la fin du quinquennat. En Marche ne lui est plus d’aucune utilité dans sa forme actuelle, avec son nom actuel, et les personnes actuelles. En effet, les élections régionales, dont le Président ne fait aucun cas, révèlent un paysage politique futur différent, avec une cohabitation « nationale-locale« . C’est inédit, avec un tel niveau de césure. Édito. Régionales 2021 : fiasco en vue pour LREM mais pas pour Emmanuel Macron (estrepublicain.fr) L’absence de commentaires présidentiels s’explique par la compréhension qu’il a de ce paysage politique où les présidents se feront élire ou bannir sur la personne et le projet plus que sur la couleur politique. Et les grands responsables régionaux, départementaux, parfois municipaux, le seront sur leur attachement culturel à un parti traditionnel. On parle souvent de « Macron-Le Pen« , mais jamais de « RN-EM » dans ce fameux duel soi-disant attendu. Les partis s’effacent aujourd’hui dans l’élection suprême, et renaissent dans les scrutins intermédiaires locaux.

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Il restera tout de même à En Marche à trouver une solution suffisamment vaste pour un support présidentiel législatif, verrou de garantie ou de blocage des pouvoirs. Ce point-là est le seul qui soit stratégiquement indispensable à E. Macron. Il reste l’urgence politique pour attaquer un second mandat soutenu par le Parlement.

Opinion | Emmanuel Macron peut-il être réélu en 2022 ? | Les Echos

Quant aux ministres envoyés au front des régionales, ils avaient oublié la règle numéro 1 enseignée aux futurs astronautes : «  Personne ne va dans l’espace pour prendre l’air. »

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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