Les Républicains : La Guerre des Trois

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

En sortie d’élections régionales à succès pour cette famille politique, l’heure des choix a sonné. On pourrait se contenter du titre de cet article avec une bataille imaginable entre X. Bertrand, V. Pécresse et L. Wauquiez, mais les choix à faire seront plus compliqués. CARTE. Résultats des élections régionales : Muselier en Paca, Bertrand dans les Hauts-de-France, Delga en Occitanie… Découvrez les vainqueurs du second tour (msn.com) D’autres personnalités peuvent surgir, comme David Lisnard (réélu à 78% au 1er tour départementales Alpes-Maritimes), au profil quadra apte à challenger le repoussoir Le Pen-Macron, ou d’autres, encore en silence. C’est aussi l’intérêt de la vie politique, dans des périodes de forte tension, les initiatives peuvent s’avérer payantes, aussi surprenantes soient-elles. Mais les choix à faire pour Les Républicains dans ce starter de campagne présidentielle sont pour l’instant d’une autre nature. Ils doivent décider et faire vivre une stratégie.

Présidentielle 2022 : Les Républicains vont sonder un panel de 15 000 personnes pour trouver leur candidat (lemonde.fr)

La « base » des élections régionales-départementales n’est pas à prendre en compte dans sa puissance électorale puisque l’abstention en a été le fil conducteur. Le volume de votants est insuffisant pour tirer des conclusions présidentielles, ce que ne manqueront toutefois pas de faire les commentateurs, pas à une erreur de jugement près pour encourager l’audience. Par ailleurs, le niveau de confiance dans les institutions politiques n’aide pas à se positionner sur un mode « immédiatement crédible » pour les français.

En revanche, le profil  » ancrage » et « âge » de l’élection régionale est intéressant parce qu’il définit assez bien l’électorat primaire des Républicains, et plus largement des partis traditionnels. La « vieille Gauche » en a récupéré les fruits également dans cette élection. On peut contester cette analyse qui semble dire que les vieux gaulois réfractaires sont les électeurs de la Droite Républicaine. En marketing politique ce n’est pas une voie dynamique de communication et de développement, mais c’est la base tout de même, et une base se travaille autant qu’un groupe à convaincre pour se développer en politique. Perdre sa base, c’est perdre. Dans une entreprise, ce sont les clients fidèles qui maintiennent l’activité, et les nouveaux qui la développent. Finalement les règles sont simples, il suffit de choisir vers qui développer, en conservant son capital.

Régionales : âge, diplôme, proximité partisane… Quel est le profil type de l’abstentionniste ? (francetvinfo.fr)

Un autre sujet préoccupe Les Républicains, c’est la structure : Un parti ou des personnes ? X. Bertrand et V. Pécresse ont pris leurs distances avec l’appareil pour retrouver une liberté de ton et de décision. Mais une présidentielle ne peut se passer de structure politique. Quel(le) que soit le ou la candidate, une campagne doit pouvoir s’appuyer sur une organisation, des soutiens forts dans les médias, des événements marquants, pour pouvoir développer ses arguments auprès du plus grand nombre, et sans aucune zone floue. Les Républicains, un parti dans la tourmente ? (latribune.fr) La clarté est clé. La volonté de C. Jacob (Président du parti Les Républicains) de manager le choix du candidat (même hors du parti) est logique mais elle devrait pouvoir s’accompagner des garanties de soutien indéfectibles des « non-retenus« . Cette bataille-là n’est pas gagnée d’avance, mais elle est stratégique. Il faut définir les règles, et s’y tenir.

Présidentielle : à droite, la bataille de la primaire commence (lejdd.fr)

Le ou la candidate de la Droite Républicaine saura combattre le RN, LREM, et les autres concurrents, et cet article n’est pas écrit pour l’expliquer à leur place, ni pour soutenir ou critiquer un parti ou un autre. Mais on peut imaginer les déficits que cette famille doit combler, et souvent même dépasser. Les français doivent comprendre un programme, certes, mais ils doivent aussi se sentir aimés. La tradition de « l’efficacité de type scolaire  » et du « nous savons ce qui est bon pour vous » de ce groupe politique est un risque de paternalisme et de condescendance en terme d’image. Les français éventuellement sensibles à cette Droite ne sont plus ces « craintifs de la Gauche » et « sécurisés par la Droite » , anciens archétypes de notre histoire politique droitière, et sujets de repas de Noël ou de bistrot des années 80. Depuis 2016, les affinités partisanes s’effritent :

Alors la Droite Républicaine ne peut pas se faire aimer sur un claquement de doigts, mais pourrait commencer par aimer les français, et le montrer. L’enjeu de ce qui suit n’est pas de déclamer un sentimentalisme hypocrite mais de restituer une image d’humanité qui a été perdue par l’ensemble du monde politique, en particulier lors de ce dernier quinquennat. Tous les partis pourraient s’en saisir mais la Droite des Républicains est soupçonnable de ne pas en être capable. Il n’est donc pas trop tôt pour faire renaître cette couleur-là, dans toutes les propositions et actions de campagne. Il lui faut aimer autant les vieux gaulois réfractaires que la communauté LGBT, encourager autant les décrochés scolaires que les brillants startupers, (Lutte contre la pauvreté : Les Républicains jouent les équilibristes – Le Point) et dans toutes ces oppositions sociales ou culturelles, ne plus désigner mais révéler. Voici quelques exemples (non péremptoires) de verbatim possibles, s’ils sont utilisés avec sincérité, pour donner le ton des projets :

  • La France n’est pas seule au monde
  • L’Europe est puissante avec la France
  • Chine, Russie, Etats-Unis, ne sont pas des choix mais des obligations
  • La sécurité est une force et non une arme
  • Il n’y a pas de crime religieux, uniquement des crimes
  • En France tout le monde a sa chance mais surtout sa place
  • Toutes les formes de familles ont un sens
  • L’immigration est un sujet de réglementation autant qu’un moteur
  • La performance économique dépend aussi de la paix sociale
  • Le numérique est un outil, pas une stratégie
  • L’écologie est une part de chaque sujet
  • Encadrer est plus efficace que légiférer
  • Un projet de société est d’abord un projet d’humanité
  • Les laissés pour compte ne sont ni jeunes ni vieux, juste pauvres
  • Communiquer n’est pas se montrer, mais se parler
  • etc..

Il se pourrait bien que même quelques socialistes y croient et que la réelle « guerre des trois » des Républicains soit d’associer enfin la Liberté, L’Egalité et la Fraternité dans une réalité palpable, car ce sont ces trois-là qui manquent le plus depuis quelques temps. Humaniser l’approche ne la rend pas moins dynamique, moins réformatrice ou moins puissante, elle la rend plus acceptable.

Et si c’était une femme qui portait cela, gagnante ou pas, le parti Les Républicain(e)s s’inscrirait peut-être enfin dans notre temps.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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