2022 : Des Républicaines.

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Dans le monde, les femmes représentent environ 20 à 25% des pouvoirs politiques. Le chiffre progresse mais faiblement. Les disparités régionales sont caricaturales avec les plus égalitaires dans les pays nordiques et les plus machistes au sud. Un peu de nouveau sous les nuages et pas grand-chose sous le soleil. Voici la carte postale de la planète politique 2021 :

A dix mois des élections présidentielles en France, les candidatures ne sont pas encore toutes posées ni exposées. Il y a, à ce jour, une petite vingtaine de candidats déclarés même si on ignore s’ils (elles) iront tous (tes) jusqu’au bout. Présidentielle 2022 : qui sont les candidats déclarés et pressentis ? (lemonde.fr) . Pour les plus connus, on listera M. Le Pen (RN), B. Retailleau(LR), N. Dupont Aignan (DLF), J.L. Mélenchon (LFI) , N. Arthaud (L.O.), X. Bertrand (Droite), F. Roussel (PCF), E. Piolle (LV), Yannick Jadot (LV) et les incontournables F. Asselineau, J. Lassalle et P. Poutou.

Il ne fait aucun doute que les ténors restants ne seront pas silencieux très longtemps, dont certaines femmes qui ont contribué à l’histoire de la Ve République à divers moments de carrière : Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Najat Vallaud-Belkacem, Rachida Dati, Ségolène Royal et d’autres qui contribueront sans doute également. Marine Le Pen reste l’une des deux femmes à ce jour déclarées, avec Nathalie Arthaud, (Sandrine Rousseau-LV est candidate aux primaires écologistes) l’une et l’autre également représentantes de l’histoire politique de la France dans des opposés absolus. D’une manière presqu’arithmétique, toutes ces femmes candidates ou « non-encore » représentent à elles seules l’intégralité du prisme politique d’aujourd’hui, la Gauche en difficulté y trouvant un nouvel équilibre virtuel, et féminin. Toutes ne se destinent pas à une candidature, mais toutes prendront part au débat.

La question réelle est de savoir si l’espace démocratique des partis de Gauche modérée, du Centre et de la Droite Républicaine ont suffisamment évolué pour leur laisser une chance objective. Les extrêmes sont mis de côté pour cette analyse car leur offre est unique et sans débat. D’ailleurs, comme un miroir inversé, la République En Marche est dans le même cas, ne souffrant aucune concurrence de candidat EM face au sortant, s’il se représente. Le sujet, pour ce mouvement, est sans doute plus l’empreinte du trône que celui du genre, mais qu’en sait-on finalement ? En réalité, il existe une forme d’hypocrisie chiffrée qui laisse penser à une progression de la parité politique F-H (ce qui est vrai à l’Assemblée Nationale) alors que la réalité des postes « à fort pouvoir » de l’Etat sont occupés par des hommes. Proposition de loi nº 4006 visant à instaurer la parité dans les mandats électoraux (assemblee-nationale.fr) C’est surprenant dans un gouvernement qui en a pourtant fait une grande cause nationale. Depuis toujours, exception faite d’Edith Cresson (1ère Ministre sous F. Mitterrand), il y a eu le pain et ensuite les miettes qu’on soit de Gauche, de Droite, du Centre ou d’un peu tout cela comme le gouvernement actuel.

Les femmes encore largement sous-représentées en politique | Les Echos

Une compétition présidentielle présente au moins un facteur encourageant pour l’ambition personnelle d’une femme : la liberté de décider d’une candidature. Clairement, que ce soit Valérie Pécresse ou Anne Hidalgo, ces deux personnalités ont une parole libre et surtout libérée des appareils. Qui dit appareil dit hiérarchie et qui dit hiérarchie en politique (et souvent ailleurs) dit que les sommets des pyramides sont masculins, alors s’en libérer est déjà en soi l’affirmation d’une forme d’ambition. Si on reste sur ces deux exemples de présidentiables, elles ont à faire face à deux défiances : celle de l’électorat français, dont on ignore aujourd’hui si son « latinisme » sera mis de côté le temps d’un vote, et les choix des appareils (LR et PS) qui pourraient bien tenter d’éviter le sujet.

Pour Les Républicains, le choix est quasiment certain compte tenu de l’avantage pris par X. Bertrand, appuyé par des élections régionales gagnantes. Cet argument reviendra en boucle en cas de volonté affirmée de candidature de V. Pécresse, à l’exclusion de toute discrimination « bien sûr« . Ce n’est pas forcément une bonne idée car malgré les qualités prouvées de X. Bertrand, l’apparition d’une nouveauté (aussi qualifiée) telle qu’un autre genre dans une candidature LR leur ferait faire un bond de modernité et sans doute de respect. Bertrand, Pécresse, Wauquiez : trois chemins vers l’Elysée (parismatch.com) . Le genre en lui-même n’a aucun intérêt si la personne n’est pas au niveau. Mais dans ce parti ancré dans l’histoire et quelques traditions, à qualités égales, le choix de V. Pécresse serait un atout et une surprise positive. Les français ne sont pas féministes au sens militant, mais plus en avance que les partis traditionnels sur le sujet. La victoire ou la défaite n’est pas plus certaine pour l’un(e) ou l’autre, il faut se méfier des effets de manche du moment, liés au dernier scrutin.

Pour A. Hidalgo, c’est à la fois simple et compliqué. Simple parce que les candidat(e)s estampillés PS ne sont pas légion (pour l’instant), et compliqué parce qu’elle doit s’associer à des gens qui ont peu d’histoire politique. Les écologistes n’ont que peu d’expérience du pouvoir, sauf dans quelques cas locaux, et une représentation non négligeable mais récente au Parlement Européen. La France Insoumise s’exclut d’elle-même de tout accord, sauf à diriger, et les thèmes ne sont de toutes façons pas concordants. Anne Hidalgo rode ses thèmes de campagne en vue de la présidentielle de 2022 (lemonde.fr) L’association potentielle avec les écologistes reste une option fragile, Yannick Jadot étant déjà en route pour un projet présidentiel. Au fond, A. Hidalgo devra courir ce Marathon seule, avec le soutien possible de l’histoire par M. Aubry, C. Taubira, peut-être L. Jospin et qui sait, F. Hollande… Son enjeu politique sera de peser, car gagner semble improbable à ce jour, mais il reste une noblesse à redonner à la France une opposition Républicaine qui tienne debout.

Le chemin « d‘indépendance » d’A. Hidalgo ressemble à celui de V. Pécresse, comme si les femmes étaient condamnées à gravir seules les gradins du pouvoir.

Les hommes n’ont jamais été bons pour faire la courte échelle, voilà deux occasions de progresser.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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