Droitisation de L’Europe : Peurs et Lucidités

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Le temps des rêves et des projets de progrès pour la société est un peu entre parenthèses. La Démocratie Sociale a du plomb dans l’aile en France comme en Europe. La tendance est générale en Europe avec l’incontournable dérive extrême qui saisit les opinions lorsque les vents contraires se multiplient. À la Une: une Slovénie en pleine dérive autoritaire à la tête de l’Union européenne (rfi.fr) La période est défensive, ce mot contenant en lui tous les réflexes de replis, de protection et d’attente. Le point central est qu’on peut admettre une faiblesse conjoncturelle de la Démocratie Sociale mais qu’il est urgent de ne pas abandonner la Démocratie elle-même.

ViKtor Orban (Hongrie) tente de rassembler toutes les extrêmes droites européennes de manière à créer un groupe de pression au parlement européen. Son objectif, soutenu par Marine Le Pen, Matteo Salvini, Giorgia Meloni, Jaroslaw Kaczynski et d’autres, est parfaitement paradoxal puisqu’il se résume à une restitution des souverainetés nationales, sans aucune adhésion particulière aux valeurs démocratiques européennes. L’électorat français et européen de plus en plus à droite, selon une étude (lefigaro.fr) Il se trouve justement que les valeurs de la démocratie ont généré ce parlement ainsi que les moyens d’actions communs dans tous les domaines de l’union des pays européens. Il est donc étrange, voire même absurde, de se regrouper dans cette assemblée pour expliquer qu’elle ne devrait pas être là. Peut-être que les capitaux investis dans les pays par l’U.E. sont en réalité une marche que ne veulent pas contester ces responsables politiques d’extrême droite . Leur stratégie peut donc se résumer à : « donnez-nous l’argent et foutez-nous la paix ». Après tout, nous avons tous eu la même idée en réclamant de l’argent de poche à nos parents. Malheureusement, ces extrémistes ne sont pas que de grands enfants.

Si les stratégies « viriles » de ces formations politiques sont contestables et probablement à sérieusement combattre, on ne peut nier les éléments de contexte qui donnent de la puissance locale à ces mouvements. Jean-Marie Le Pen exhorte le RN à retrouver sa « virilité » – Le Point. Leurs discours sont basés sur la peur, mais la réalité vient malheureusement aider l’argumentaire avec l’amplification média habituelle. Les craintes réelles ou exagérées dans l’occident de 2021 sont de trois catégories qui en entraînent d’autres : l’immigration associée au terrorisme et au crime, la pandémie autorisant les Etats à plus d’autorité directe sur les citoyens, la crainte climatique (réfugiés, pauvreté, catastrophes) associée à un échec, voire une culpabilité, des pays développés. Face aux migrations, les limites et les dérives de l’Europe-forteresse (lemonde.fr) Cet ensemble redonne aux tendances dirigistes des mouvements politiques une énergie négative correspondant à leur carburant habituel. Le principe est simple : présenter un futur inquiétant et se présenter comme le(la) seul(e) à pouvoir combattre les fléaux. Rien de plus simple en soi, mais c’est encore plus facile aujourd’hui car les menaces existent d’une manière plus intime, plus proche des citoyens, à l’inverse d’un conflit lointain. On pourrait en rester à cette analyse un peu caricaturale mais ce serait une erreur car le sujet est bien plus profond.

Rapport 2021 sur la liberté dans le monde: 2020 a été la pire année pour la démocratie de l’histoire récente | ThePressFree

Nos démocraties occidentales, par la nécessité pragmatique liée à ces menaces mais aussi par une forme d’usure, ont perdu le sens du « projet de société« . En tant que démocrate, il est très difficile de se penser autrement que dans une écoute, un partage, une solidarité, et une Constitution, quel que soit le bord politique. Les structures légales ont été construites en ce sens. Mais aujourd’hui, les référents de la planète sur les projets de société ne sont pas des démocrates. L’histoire de Donal Trump et son élection sont entièrement bâtis sur un projet de société, mensonges en prime. Il n’y a pas plus « projet de société » que ce que propose le parti communiste chinois. La posture « Russie puissante et sans peur » est également une proposition sociétale de V. Poutine, allant même jusqu’à exclure les électeurs opposants des votes. Une solution simple ! Vladimir Poutine promulgue la loi excluant des opposants des élections en Russie (lemonde.fr) Il va de soi que ces exemples ne sont pas nos modèles mais ils sont inspirants pour les extrêmes car ils donnent un sentiment de durée, de solidité. L’échec de D. Trump vient de l’absence de structure et d’histoire, à l’inverse de la Chine et de la Fédération de Russie. Et J. Biden a su réveiller la société à l’américaine, car son pays est porteur d’un passé de démocratie et d’initiative individuelle (le rêve américain) et non de dictature.

La réalité est que la peur est le moteur des petites formations d’extrême droite, les pays européens étant de « petits pays » au regard des puissances mondiales. L’extrême droite, le danger numéro un en Allemagne (rfi.fr) Les liens que M. Le Pen tente de créer avec la Russie et a tenté de créer avec feu D. Trump sont caractéristiques d’un mouvement qui veut faire passer les peurs pour des lucidités. Communiquer sur la peur des menaces et la critique à semer sur une démocratie jugée incapable de s’en sortir : voilà la proposition idéale des extrémistes. S’associer avec d’autres permet de dire : « vous voyez, eux l’ont compris ». Cela paraît simpliste, voire même un peu ridicule et intellectuellement pauvre ; mais cela autorise une communication sur des schémas simples, faciles à comprendre et dans l’air du « mauvais » temps. C’est une vieille technique publicitaire : montrer un problème, et le produit vient le résoudre, donc on l’achète.

La lucidité réelle et démocratique, même dans ces aspects « manque de rêve » pour les citoyens, reste une caractéristique centrale de la gouvernance française et européenne. Les citoyens ont un rôle à jouer et non des obéissances à exécuter. Quels rôles un citoyen peut-il jouer dans la société ?| Vie publique.fr (vie-publique.fr) C’est la capacité à s’unir et à partager qui donne les solutions, ce que nous venons tous de vivre dans cette pandémie de Covid 19, scientifiquement, et économiquement. La démocratie c’est aussi la diffusion à d’autres de solutions, d’aides et de main tendue. Nous savons tous que le modèle capitaliste démocratique a ses lacunes, ses inégalités et ses faiblesses. Il n’en demeure pas moins que l’Union Européenne, et la France dans ce groupe, ont œuvré au progrès. Ce dernier est un peu en berne car nous sommes dans une période de « lucidités » et non de « rêves ». Mais cela reviendra.

A condition de ne pas laisser les porteurs de peur nous envahir.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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