France et Economie : Repriser avant la Reprise

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

Le rebond 2021 attendu par l’Etat du Produit Intérieur Brut est de 5,5% et estimé à 5,75% par la Banque de France, après une chute de 8% en 2020 (chiffres qui peuvent changer d’ici la fin de l’année 2021). Rebond de l’économie française en 2021 : summer is coming ! (bpifrance.fr) En un mot ça va mieux, mais on n’est pas encore sorti du négatif global occasionné par la pandémie et les mesures de protection successives qui ont inévitablement généré un ravin de baisses et de dettes. On ne contestera pas les choix qui ont été faits, il y aura toujours des procureurs d’après-guerre pour en débattre. Repriser l’économie c’est réparer par l’investissement, la consommation des ménages, et une inflation maîtrisée. La vraie reprise est l’étape suivante. Mais on peut se demander qui s’en sort, qui n’est plus là, ce qui ne marchera plus comme avant, et grâce à qui ce réel rebond peut être espéré.

L’histoire des crises économiques est parsemée d’événements marquants mais dans les médailles olympiques des pires trimestres de l’histoire, le 1er trimestre 2020 restera champion, sachant qu’il a été suivi par d’autres mois compliqués en 2020 jusqu’aux remontées d’aujourd’hui. Mais il y a un peu plus d’un an, voici à quoi ressemblait l’historique :

Les dégradations économiques dont l’origine est un événement particulier identifiable ne sont pas une mauvaise affaire pour tout le monde. Si on met de côté la morale judéo-chrétienne et qu’on observe simplement les flux, il y a une logique à ce que certains secteurs bénéficient de la crise Covid, pendant que d’autres s’étouffent en attendant des jours meilleurs.Covid-19, un an après : ces entreprises qui ne connaissent pas la crise | Actu Il y a bien entendu le secteur pharmaceutique avec cet interminable débat sur la validité morale des bénéfices des laboratoires, mais ce ne sont pas les seuls à tirer profit de l’état des lieux 2020-2021. D’autres gagnants apparaissent, comme les Médias, la Grande Distribution, le e-commerce et les Télécoms, en suite logique des mesures vis-à-vis des commerces, ainsi que la consommation « à la maison » (télécoms, médias).

L’objet de cet article n’est pas de juger les bien-fondés ou non de certains bénéfices mais d’y voir simplement l’accélération sectorielle de ce que notre système économique mondial permet, à la fois légalement, mais aussi massivement. Les critiques existent, mais le schéma d’offre et de demande reste le seul arbitre des prix pratiqués et donc des bénéfices obtenus. Dans le cas des laboratoires pharmaceutiques, il est clair que l’absence de concurrence multiple, mais aussi de stratégie coordonnée de tous les pays clients (force de négociation), a généré l’emballement de la hausse des prix des vaccins. Pfizer et Moderna relèvent le prix de leurs vaccins (lefigaro.fr) Cela ressemble au monde football, avec des joueurs richissimes mais une durée de ces revenus limitée dans le temps. L’hyper-profit est souvent une notion de très court terme, comme le sport de haut niveau.

Ces aspects d’hyper-pertes et hyper-profits sont le reflet du monde économique tel qu’il existe depuis des décennies (cf : Standart Oil et Silicon-Valley à 100 ans d’intervalle). La première étape d’une remontée sera le rééquilibrage de ces phénomènes, avec une remise à niveau du secteur industriel, des voyages, tourismes, équipements sportifs, luxe, mode, distribution spécialisée et petits commerces classiques. Il s’en suivra un coup de marteau sur les profits des labos, médias et télécoms qui ne sera qu’un effet naturel de l’équilibre des marchés (nouveaux vaccins, nouveaux enjeux, stratégies de long terme avec les pays etc..). C’est heureux du point de vue de l’équilibre des métiers, en particulier pour ceux qui ont souffert, et surtout indispensable pour que cette phase de réparation de l’économie puisse déboucher sur une réelle reprise.

Dans ce redéploiement, qu’il serait bon de teinter d’optimisme, la communication des Etats joue un rôle majeur. En effet, « l’Epargne Covid » des français, d’après l’OFCE aurait atteint 160 milliards d’€, ce qui est un tiroir immense dans lequel la consommation pourra repartir avec force. Pour cela, il faut encourager « l’absence d’économies » dans les foyers, ce qui n’est possible qu’avec une confiance renforcée sur l’emploi, la protection sociale, la confiance bancaire, et bien sûr le contrôle de la pandémie. Le moral des ménages au plus haut depuis le début des restrictions sanitaires – Le Point Cette épargne a aussi comme qualité d’exister, et donc de donner confiance aux créanciers de la France sur la dette Covid, comme une forme de garantie. Sur l’investissement des entreprises, l’aspect international (voyages, pénuries de certaines pièces industrielles, état de santé économique des pays etc..) est majeur et la formule gagnante est plus complexe. Les chefs d’entreprise prévoient un fort rebond de leur investissement en 2021 dans la plupart des secteurs industriels – Informations rapides – 034 | Insee Il est clair que la vaccination massive et exportée dans les pays les plus pauvres sera un élément solide de remise à niveau. En mars, on en était encore très loin :

Enfin, le numérique, qu’on associe aux laboratoires sur les profits avec les impayables Google, Apple, Amazon (au sens propre), est aussi un allié de poids pour des activités bien plus proches des citoyens, et surtout d’une nature à renouveler les modes de consommation. En effet, les produits locaux, bio, écoresponsables, ont vécu une accélération d’intérêt et de consommation réelle pendant la crise Covid. Les commerçants et artisans ont diversifié leur mode de distribution par la force des choses avec le « Click and Collect » dans un premier temps, puis ont pour la plupart développé des systèmes de réservation et d’achat plus complets par le Web. L’actualité numérique pour les entreprises artisanales (lemondedesartisans.fr) La nouvelle donne technologique a donc accompagné « pour durer et survivre » pendant les moments de confinement puis est devenue un circuit de distribution en soi, en plus des boutiques, marchés, terrasses et restaurants.

Les français ont redécouvert le local, et s’il y a une règle d’or dans le commerce, c’est bien celle du capital qui se mesure à la fidélité des clients. Consommation. La Covid-19 booste le local et le e-commerce (ouest-france.fr) Cette nouvelle dynamique, pas encore milliardaire, n’est plus du domaine de la réparation économique mais bien de celui de la reprise. L’air du temps écologique n’est plus une chanson poético-politique mais bien un marché en devenir, associant les technologies les plus fines du numérique aux gestes naturels parfois ancestraux de la terre et de l’échange entre les personnes. Le bilan carbone est excellent sur ce redéploiement là, alors qu’aucune loi n’est venu l’imposer.

La reprise économique est d’abord une reprise de confiance, de sens et de foi dans le futur, qui génère l’initiative. Aucun de ces mots ne figure au tableau de Morgan Stanley Capital International (indice boursier mondial).

Cela viendra.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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