Présidentielles 2022 : Radical et Médias

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

D’anciens partis, relativement peu connus mais ancrés dans l’histoire, ont utilisé le terme « radical » dans leur définition même : le Parti Radical de Gauche présidé par Guillaume Lacroix aujourd’hui est dans un vieil axe politique de centre gauche. Créé dans les années 70, puis rebaptisé MRG (Mouvement des..), après quelques associations éphémères, il redevient indépendant et à nouveau PRG. Une sorte de boucle bouclée, mais utilisant le terme « radical » dans toutes ses circonvolutions de noms historiques. Présidentielle 2022 : le président du parti des radicaux de gauche tape du poing sur la table ! (ledefigabon.com) Pourtant, ce mouvement, une sorte de gauche du centre, est loin d’être ce que les médias nous montre de la « radicalité » à la mode 2022.

L’époque est devenue plus violente, ou les buzz sont plus nombreux, mais il est clair que la radicalité politique dans cette campagne pour 2022 a repris son sens initial qui exclut la négociation, la tergiversation, le compromis, dans une forme de jusqu’au boutisme par endroits effrayant, et à d’autres carrément hors sujet. Sandrine Rousseau vit « avec un homme déconstruit »: le débat des « Grandes Gueules » (msn.com) Il y a toujours à prendre et à laisser dans des raisonnements radicaux, mais ceux d’aujourd’hui renvoient le Rassemblement National au dernier rang de la radicalité. Il faut quand même taper fort pour en arriver là . Face à Éric Zemmour, Marine Le Pen contre-attaque (lefigaro.fr) Parfois il vaut mieux tout laisser, parfois il y a de bonnes idées susceptibles de donner au moins une alerte. L’exposition média inévitable, répétitive et puissante, rend les expressions radicales plus inquiétantes que combatives, plus pessimistes que courageuses, plus irréalistes que réfléchies et finalement dangereuses et inutiles. S’il est élu président, Eric Zemmour interdira les prénoms musulmans (VIDEOS) (msn.com) Elles les rendent aussi plus médiatiques, l’optimisme et la raison n’étant pas des gages d’audience massive.

Le piège de la communication politique en période de campagne est bien là. Les candidats, presque candidats, et leurs soutiens médiatiquement recevables, se mettent eux-mêmes face à un choix manichéen pour obtenir de l’impact dans les médias : soit prévoir des catastrophes et solutions radicales, soit énoncer des promesses immenses ou intenables, mais tout aussi radicales. Présidentielle : Eric Ciotti voterait Zemmour contre Macron au second tour (francebleu.fr) Le débat politique n’a aucune chance d’être pris au sérieux avec ce paradigme pour une raison quasiment mathématique : il existe aujourd’hui en France 8 à 10 tendances politiques, identifiées entre l’extrême gauche radicale et l’extrême droite au même qualificatif. Cela signifie clairement que la pensée citoyenne se reconnaît de multiples manières avec un prisme démocratique et républicain, regroupant lui-même 6 à 8 versions de la pratique politique démocratique « non-radicale« . Le baromètre qui suit et la composition de l’Assemblée Nationale en sont le reflet. Baromètre politique – Septembre 2021 – Odoxa : Odoxa

Il est d’usage de mettre les médias au banc des accusés lorsqu’on traduit des excès de communication, mais ils sont dans leur rôle, avec leur logique. Une campagne présidentielle peut apporter aux médias plusieurs types de matières. Il y a la matière privée, qui tient du scoop et de la recherche d’évènements journalistiques, souvent juridiques et liés à une personnalité. C’est une forme d’information brute, issue de la recherche et enquête. C’est le journalisme dans sa fonction première. Il y a ensuite toute une famille qui va de l’analyse de fond basée ou non sur l’opinion politique, jusqu’à « l’animation politique« , positionnement très lucratif des plateaux de télévision des chaînes d’information avec chroniqueurs, débats, invités etc… C’est souvent dans cette dernière fonction que les médias mettent en lumière les excès de verbe, les violences intellectuelles, et sous toutes ses formes une radicalité sincère ou de surface. « Vous êtes folle ! » : Eric Zemmour insulte Ruth Elkrief, recadrage immédiat – Gala La recherche d’impact vient des politiques, les médias n’en sont que la loupe sans innocence.

Nous sommes assommés (mais il y a des addicts) quotidiennement par les mauvaises nouvelles d’E. Zemmour, les coupures d’électricité et la déconstruction de l’Ecologie radicale, ainsi que la mauvaise humeur au ton dictatorial de l’extrême gauche vieillissante. Il est vrai que c’est beaucoup plus amusant à regarder que V. Pécresse et G. Darmanin. Très faible audience pour le débat Pécresse-Darmanin sur France 2 – (les-republicains.net) Leurs désaccords ne feront jamais la une des faits divers, que ce soit sur le fond ou sur la forme, car ces gens semblent simplement bien élevés. « Ils ont pris une belle taule » : Jean-Luc Mélenchon étrille Elysée 2022, l’émission politique de France 2, dans TPMP (VIDEO) (programme-tv.net) Il n’y a rien à regretter ou à vouloir, il n’y a que des ripostes à travailler pour les partis républicains « non radicaux ». Leur responsabilité est de trouver le moyen d’éviter la surenchère avec un emballage original, moderne et également addictif, de communication avec les gens. Il y a des méthodes, des stratégies, des modes de parole, des budgets aussi. Éloge des hommes construits : Schiappa répond à Rousseau – Le Point La radicalité se fait souvent coiffer au poteau par les approches plus institutionnelles de construction et de réalisme. L’effet média « radical » est insuffisant. Présidentielle 2022 : Yannick Jadot remporte la primaire écologiste (msn.com)

Dans les entreprises, lors d’une compétition importante pour décrocher un marché, on utilise parfois une personne d’expérience, extérieure à l’équipe qui travaille sur le projet, pour la faire intervenir aux moments clés de la préparation sur la stratégie, la méthode, les idées et la forme de la proposition. Pour être utile, cette personne doit provoquer des réactions par des avis « radicaux » mais avisés, destinés à orienter l’offre pour la rendre plus forte, plus mémorable, au-delà des simples coûts, qualité, et budgets. Le rapport d’étonnement: Utilité, déroulement et modèle (blog-gestion-de-projet.com) C’est une sorte d’avocat du diable, avec une force de proposition libérée, pas toujours retenue mais qui influence le groupe au travail, avec une vision d’ensemble. Cette radicalité-là est productive. Elle reste une aide précieuse, et non un objectif.

Le « radical » politique dans les médias se traduit en chiffres d’audience avec facilité.

Jamais en nombre de bulletins de votes présidentiels.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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