Evolution et Politique : Woke en Stock

Article écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

La culture « Woke » en provenance des Etats-Unis se rapporte à une forme d’attitude et de comportement pratiqués par la majorité des citoyens en France, sans y penser vraiment, avec naturel et depuis des années, voire des siècles. « Woke » signifie « éveillé » et fait référence directement à l’absence de distinction sociale et humaine entre les races, les cultures et les genres. La culture « Woke »: ce mouvement militant qui inonde les réseaux sociaux (rtbf.be) Cela pourrait nous rappeler une édition française datant de 1789, dont voici les deux premiers articles, à moderniser sans doute un peu (hommes se comprenant hommes et femmes par ex) . Ces mots n’ont pas attendu l’éveil américain, ils ont même 232 ans d’avance.

Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

Depuis la déclaration des Droits de l’Homme (et de la Femme), et en particulier dans la période d’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, beaucoup ont tenté de rétrécir cette conception, sans succès, et souvent à l’occasion des campagnes présidentielles. « La misogynie en politique reste une tendance lourde » (20minutes.fr) Les extrêmes de Droite ou de Gauche ont finalement découvert avec récurrence un mur démocratique, repoussant avec une efficacité de 100% à chaque élection, les offres de déconstruction de cette philosophie originelle. Zemmour veut abolir les lois contre les injures et actes racistes (europe1.fr) On peut débattre en France et chacun doit pouvoir s’exprimer, mais il y a une sorte d’arbitre permanent qui rééquilibre toujours et souvent dans la dernière ligne droite, les espoirs plutôt que les peurs. France: revers pour l’extrême droite aux élections régionales | JDM (journaldemontreal.com)

Le fameux « Woke » était là, en France, depuis déjà cent ans, lorsque les américains massacraient encore les indiens à la fin du 19e siècle. On ne va donc pas s’extasier sur un terme lumineux venu d’outre-Atlantique, alors qu’on en a la pratique, certes parfois inégale mais réelle, depuis deux siècles. Alors quand on s’en sort un peu mieux, on a le choix entre se regarder le nombril pour voir s’il est « Woke« , ou s’attarder un moment sur celles qui ne s’en sortiront pas. Les femmes afghanes entre colère, crainte et désillusion face aux talibans (voaafrique.com)

Comme tout phénomène partant d’un bon sentiment qui se transforme en mode, la perversion du terme a enrayé la machine. Si, comme exprimé en début d’article, la culture totalitaire n’a eu fort heureusement que peu de chance, la traduction de « Woke » en un inverse absolu est également une traduction dangereuse car elle tient lieu de mode de communication politique et culturelle. En un mot, l’excès tue le sens. L’extension de l’égalité raciale au genre est une évidence et il est souhaitable que l’évolution de la société le prenne en compte dans sa construction. C’était l’un des aspects du « Woke » le plus intéressant et utile dans sa dynamique.

Malheureusement, certains ont traduit cette égalité recherchée par une « absence de différence« , comme si la négation des particularismes de chacun générait automatiquement une égalité. Sandrine Rousseau, la candidate «woke» abonnée aux polémiques (lefigaro.fr) Un combat sur le sujet ne peut exister pourtant que si l’inégalité (de traitement, de reconnaissance, de chances dans la vie etc..) est identifiée et que ses causes le sont ! Si la cause d’une discrimination est l’homosexualité, le combat n’est pas identique à celui d’une discrimination raciale. La discrimination des gros(ses) à l’embauche est encore une autre face de l’inégalité. Obèses : le poids de la stigmatisation – Dr Good Le travail à faire sans relâche pour l’égalité Hommes-Femmes-Transgenre n’est en aucun cas la négation du genre, qui rejette ainsi aux oubliettes les caractéristiques propres à chacun des genres. On peut se respecter de façon égale et reconnaître les différences, voire même s’y intéresser, simplement.

C’est la stigmatisation qui est une erreur, pas l’accueil et l’acceptation d’un autre en tant que « différent« . Le genre n’est pas la race, les combats sont à mener différemment. Ce qui est identique est qu’une discrimination raciale, de forme, sociale ou de genre est une aberration d’emblée. Mais une reconnaissance des différences est la forme intelligente du « pas vers l’autre« . Dans les communications des marques, des longs métrages, ou de l’Etat (santé publique France), on retrouve ce schéma. Quel que soit l’objectif associatif, culturel ou commercial, il existe des discours audibles et modernes.

Dans cette période d’activité verbale intense entre les partis politiques et les personnalités qui s’y rattachent, les Ecologistes ont souvent fait référence au « Woke« , avec un sens de la formule qui laisse penser que les particularismes sont gommés. Pascal Perrineau : « Sandrine Rousseau est révélatrice de l’importation du wokisme en France » – L’Express (lexpress.fr) L’uniforme n’est pas loin, dans la penderie, avec ce raisonnement. Une volonté excessive d’égalitarisme qui conduit à « l’uniformisme« . Comment le terme « woke » a remplacé le « politiquement correct » (lemonde.fr) La France Insoumise a également tâté le terrain du Woke, mais au fond, aucun de ces partis ne dit quelque chose de plus fort que d’autres sur les victimes de maris violents, sur la certitude absolue que les Talibans sont la plaie des femmes et de la culture de l’Afghanistan et que la France reste un pays où le vivre ensemble peut avoir un sens, en progressant, à condition de se battre pour cela. C’est le rôle des politiques de guider sur cette voie, face aux discours de rejet, de peur ou d’excès inverses.

Le corps et l’âme des démocraties est d’exclure ce qui meurtrit, et de protéger ce qui nourrit.

Le Woke politique pourrait ressembler à cela, c’est simple, et ce ne serait pas qu’une mode.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 sur : https://adcasecom.agency/blog

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