Présidentielles : L’Etat Préférable

Article n° 164 du 13 avril 2022, écrit par : Ad Case https://adcasecom.agency/blog

« Le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable » écrivait Raymond Aron. Cette citation, maintes fois reprise par les commentateurs, reste d’actualité et présente même une certaine forme visionnaire à l’occasion de ces deux semaines de réflexion laissées aux électeurs pour un choix définitif de Président(e) entre les deux tours. Présidentielle 2022: Découvrez la carte des résultats du 1er tour – Challenges On voit bien, lors de ce premier tour, que les candidat(e)s emprunt(e)s de saupoudrages et qui n’ont pas réellement fait de choix, ont été laminés.

Valérie Pécresse n’ a pas clairement manifesté de rejet de l’extrême droite, encouragée en cela par le choix de la primaire, un LR hésitant, et par un second du navire en la personne d’Eric Ciotti, manifestement au-delà de la frontière républicaine. Valérie Pécresse, sous les 5%, lance un appel aux dons | Le HuffPost (huffingtonpost.fr) Anne Hidalgo n’a pas rejeté frontalement la multi-candidature de gauche, que ce soit en s’effaçant ou en s’affirmant. Le résultat d’Anne Hidalgo signe une déroute historique du PS | Le HuffPost (huffingtonpost.fr) Y. Jadot n’a pas tenté lui-même une forme d’expression « gouvernante » de l’écologie mais a ménagé la chèvre et le chou (l’écologie responsable et l’écologie régressive). La déception de Yannick Jadot, nouvelle occasion manquée de l’écologie politique à la présidentielle (lemonde.fr) Ces candidats ont été radiés purement et simplement. Leurs mouvements et partis souffrent désormais de ce porte-parolat désastreux où le souhait de rassemblement est devenu le coup de gomme sur les idées, la créativité, et la modernité. Les partis en question mettront des années à retrouver une stratégie à valeur ajoutée.

F. Roussel, E. Zemmour et J.L. Mélenchon ont fait de très fortes campagnes, dans le détestable ou le préférable mais avec force et peu de concessions sur la posture et le programme. Pour E. Zemmour, la haine diffusée sans cesse lui est revenue en pleine face (un 7% aux allures de défaitesuccès). Si on se place d’un point de vue politique sans juger du fond, l’approche était la bonne pour produire un résultat, certes décevant, mais bien supérieur aux candidats issus de partis reconnus. Eric Zemmour définitivement condamné pour provocation à la haine raciale (lemonde.fr) Son mouvement aura finalement eut le rôle de l’idiot utile du RN. A l’autre extrémité, J.L. Mélenchon peut avoir des regrets et aussi des espoirs car son Union Populaire a raté la marche mais a conforté sa posture de « force politique de Gauche« , les législatives étant maintenant l’objectif. Présidentielle 2022 : quel avenir pour Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise ? (rtl.fr) Là aussi, l’approche était forte, cohérente, et sans recherche de partenariats d’opportunité. Les électeurs ont fait le reste. Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans un arrondissement huppé de Paris, voici pourquoi (lejdd.fr) Enfin, F. Roussel, image d’un parti communiste de brocante dont on se demandait s’il existait encore, a réussi le presque exploit d’en faire une voix qui compte. Une voix qui compte peu, mais qui est là, sans complexe ni nostalgie. Fabien Roussel : un résultat honorable à la présidentielle (linternaute.com) La réalité de tous ces « perdant(e)s » du premier tour est que certain(e)s le sont pour l’éternité et que d’autres peuvent s’appuyer sur cette étape pour en construire une autre. Dans la vie politique, ce qui compte, c’est de ne pas mourir.

Alors nous y voilà. On prend les mêmes et on recommence pour le second tour 2022. Sauf que ce ne sont plus les mêmes et que le front républicain n’est pas aussi clair qu’en 2017. Arnaud Benedetti: «Au second tour, le “front républicain” ne fonctionnera plus» (msn.com) L’une maquille l’arrière-cuisine pour se faire des amis respectables et l’autre lutte contre celui qu’il a été pendant ses deux premières années de pouvoir présidentiel. Présidentielle 2022 : face au risque d’une abstention record, l’impuissance de la classe politique est-elle irréversible ? (francetvinfo.fr) Mais l’enjeu reste le même, avec un décor plus dangereux, plus international, une Europe en front de guerre et une pandémie pas tout à fait d’accord pour rentrer dans le rang.

La fin des sursis économiques produits par les aides anti-confinement fait ressurgir les entreprises en redressement judiciaire (+30% vs 1er trimestre 2021) dans une mesure identique à l’avant confinement. Les grandes tendances de l’économie française – TPE Mag (tpe-mag.fr) Cela met en doute le bilan sur le chômage, car l’activité réelle, c’est-à-dire sans aide de l’Etat ne sera pas exempte d’un ressac prévisible. E. Macron doit démontrer qu’il a compris que l’économie « ne faisait pas tout » et que l’organisation sociale n’est pas qu’une seule question de travail mais de valeurs partagées et de règles de redistribution. Nicolas Baverez: «Au second tour, Macron doit changer sa façon de faire campagne» – l’Opinion (lopinion.fr) M. Le Pen est en embuscade, avec des arguments de façade hors de prix et surtout peu réalisables dans la logique habituelle du RN ex FN. Le danger Marine Le Pen existe-t-il? (msn.com) Son chemin est le même que celui de son père, d’E. Zemmour et de sa nièce Marion : une liste d’exclusions, de replis et de régressions sur fond de nostalgie. Son international politique se limite à V. Orban et V. Poutine, ainsi que quelques autres peu recommandables de la planète. Présidentielle : comment les médias russes ont couvert l’annonce des résultats du premier tour (msn.com) Son chiffre de premier tour ainsi que celui d’E. Zemmour est une honte pour la France, que tout un chacun semble avoir bu, sans sourciller, par la banalisation opérée par les médias et la noyade des programmes. Le candidat Macron critique la « banalisation » de Marine Le Pen et de l’extrême droite (nouvelobs.com) Les médias de l’étrangers aiment bien la France, mais commencent à la trouver un peu trop raciste. Il faut vraiment arrêter ça.

Les deux prétendants alignent des mesures et des programmes, mais l’un d’eux mérite toute notre attention pour l’aider à lui donner un sens de société et non uniquement de performance. Quant à l’autre, il mérite qu’on l’ignore et simplement qu’on se souvienne qu’un jour de 2002, la France qu’on aime a dit NON. La nouvelle affiche de Marine Le Pen, ou les faux-semblants de la com’ de l’extrême droite (msn.com)

« Le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal mais entre le préférable et le détestable ». Raymond Aron a du hésiter dans sa citation entre les mots détestable et exécrable. Les deux feront l’affaire pour un vote préférable de second tour.

*Les articles de ce site ne sont pas la critique sur le fond des personnes publiques , mais une analyse des choses perçues, des risques liés aux communications et des enjeux de celles-ci. Les noms cités ne le sont que pour comprendre leur impact au travers de déclarations ou de comportements médiatisés. Retrouvez tous les articles 2021 et 2022 sur : https://adcasecom.agency/blog

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